Peter Adriaenssens entendu par la justice

L’instruction sur des faits possibles d’abus sexuels à l’égard de mineurs par plusieurs personnes au sein de l’Eglise se poursuit à un rythme soutenu. Quatre jours après les perquisitions qui ont frappé l’Eglise, Peter Adriaenssens, le président démissionnaire de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels instituée au sein de l’Eglise, a été entendu par les enquêteurs du juge Wim De Troy.

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© Bauweraerts
J. La.

L’instruction sur des faits possibles d’abus sexuels à l’égard de mineurs par plusieurs personnes au sein de l’Eglise se poursuit à un rythme soutenu. Quatre jours après les perquisitions qui ont frappé l’Eglise, Peter Adriaenssens, le président démissionnaire de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels instituée au sein de l’Eglise, a été entendu par les enquêteurs du juge Wim De Troy. Rien n’a filtré sur cette audition.

On s’en souvient : les quelque 475 dossiers de la Commission ont été saisis jeudi dernier à son siège de Louvain. Cette audition de M. Adriaenssens montre que la confiance est bel et bien rompue entre la justice et cette Commission créée à l’initiative des autorités de l’Eglise. Et que la justice se concentre au-delà d’éventuels faits d’abus sexuels mais plutôt sur la manière dont l’Eglise belge a réagi quand elle en a eu connaissance. Et qu’elle va se pencher sur des faits dont elle n’aurait jamais été saisie et que traitait la Commission Adriaenssens.

La Commission, qui avait ouvert la plupart de ces 475 dossiers après les aveux il y a quelques mois de l’évêque de Bruges, Mgr Vangheluwe, était saisie par les victimes. Elle leur garantissait la confidentialité et il était convenu qu’elle dénonce à la justice les faits qui ne seraient pas prescrits. Mais, souligne-t-on de source judiciaire, est-ce bien à une telle Commission, en dehors de tout contrôle judiciaire, de servir de filtre et de vérifier si la prescription est atteinte. Et ces sources de souligner, qu’aucune autre institution ne bénéficie d’un tel privilège. "Ce n’est pas parce que l’on ne peut plus rien faire pour les victimes anciennes que l’on doit laisser tomber les éventuelles nouvelles victimes qu’ils auraient pu faire", dit-on.

La justice bruxelloise devrait donc transmettre aux différents parquets du pays les faits traités à la Commission Adriaenssens. Celle-ci n’était pas saisie de tous les dossiers qui existaient dans les évêchés. La Conférence épiscopale aurait dû se pencher jeudi, jour où elle a été perquisitionnée, sur l’opportunité de transmettre à la Commission Adriaenssens de très anciens faits.