Pédophilie - Eglise: "On attend un geste très clair du Vatican"

Les scandales de pédophilie qui touchent l'Eglise depuis des semaines étaient au programme de Mise au Point. Pas de nouvelles dénonciations mais les problèmes plus profonds ont été évoqués.

Pédophilie - Eglise: "On attend un geste très clair du Vatican"
Rédaction en ligne

C'est le scandale de la rentrée, l'Église touchée de plein fouet par la pédophilie. Roger Joseph Vangheluwe est au centre de tous les débats. Sa pension à hauteur de 2800 euros interpelle, choque. Le débat est lancé sur la RTBF à Mise au Point.

Sur le plateau, le pilier religieux est rejoint par la justice, la politique et les témoins. Beaucoup de problèmes profonds abordés mais les réponses restent vagues.

"Les responsables ont fait des choses", dit l'un des invités. "Ils ont payé, ont fait des thérapies", ajoute-t-il.

Pour beaucoup, il faut que l'Église aille jusqu'au bout. "Laver son linge sale en famille, n'est plus possible. Mais c'est aussi très complexe ce qu'il se passe", continue un autre invité.

Les victimes ne sont évidemment pas laissées sur le côté, "C'est tout qui s'écroule pour elles et il ne faut pas oublier qu'il y a tout un processus de reconstruction".

Comme beaucoup, la loi doit être la même pour tout le monde. Évêque ou pas évêque.

Arrive alors le sujet du célibat imposé pour les hommes d'Église. Comme certains le relèvent très justement, il y a des célibataires heureux et pas que dans l'Église mais "le fait que ce soit imposé amène à une certaine immaturité sexuelle et on arrive donc à ce genre de situation", explique un des invités. Pour Tommy Scholtès, "on attend un geste très clair du Vatican".

Le judiciaire est alors lancé sur la table. Procès exceptionnel à affaire exceptionnelle? Pour Francis Delpérée, ce n'est pas la meilleure idée qui soit. Car "il ne faudrait pas violer les victimes une deuxième fois, dans leur esprit cette fois-ci". "Il faut aller plus loin dans la reconnaissance des victimes actuelles pour éviter de nouvelles victimes demain", continue-t-il.

On parle alors du délai de prescription. Faut-il l'allonger ou pas? Cédric Visart de Bocarmé, bien placé pour en parler. "Il y a eu des propositions. Il faut réfléchir. Ils sont déjà extrêmement longs. Ce sont des crimes et ca peut aller jusque 20 ans, c'est déjà long. Il faut tenir compte de la jurisprudence de la Cour des Droits de l'Homme. Il y a toute une dimension à voir". Et Delpéree d'ajouter,"si il était allongé, ca ne permettrait pas de remonter en arrière. Il n'y a pas de rétroactivité des lois possible".