Les mille jours de “Crembo”

Le ministre Pieter De Crem, alias “ Crembo ” pour la presse néerlandophone, a présenté son propre bulletin, mardi, devant la presse, après mille jours de mandat à la Défense.

Les mille jours de “Crembo”
©Photonews
C.Le

Le ministre Pieter De Crem, alias “ Crembo ” pour la presse néerlandophone, a présenté son propre bulletin, mardi, devant la presse, après mille jours de mandat à la Défense.

Un ministre manifestement content de lui, mais qui a aussi des ambitions politiques encore floues. “Mission accomplie” a-t-il dit. “Terug naar de basis, maar welke basis ?”, a-t-il ajouté en néerlandais.

Le chef de file CD&V de la Flandre orientale se félicite d’avoir pu procéder à une réforme budgétaire de l’armée tout en musclant ses opérations à l’étranger, en bon partenaire de l’Otan et de l’Union européenne (UE).

“J’ai fait un effort gigantesque d’épargne de 100 millions d’euros par an”, a dit M. De Crem. “Ce qui est étonnant, c’est que d’autres départements ne l’ont pas fait”. Le ministre estime à 10 % l’apport de la Défense – ce département “mal aimé” – dans les réductions budgétaires entreprises par le gouvernement.

Parmi ses trophées, Pieter De Crem épingle la réduction de 54 à 40 généraux, “une chose plus difficile à dire qu’à faire”. Et il cite aussi la fermeture de 23 casernes, dont trois sur quatre en Flandre orientale – sa base électorale, ce qui ne fut pas sans répercussions sur son score personnel aux élections de juin dernier ! –, et un rajeunissement de l’armée, avec l’embauche de près de 4 900 soldats en quatre ans.

Pieter De Crem reste convaincu que la Belgique doit poursuivre ses efforts en Afghanistan – limités par l’actuel gouvernement à un plafond maximal de 626 militaires, car, dit-il, en paraphrasant l’ancien secrétaire-général de l’Otan Jaap De Hoop Scheffer, “si nous n’allons pas en Afghanistan, l’Afghanistan ira à nous”.

Enfin, il a annoncé que l’armée belge a désormais totalement détruit son stock d’armes à sous-munitions, conformément au traité adopté à Oslo en décembre 2008, et dans lequel la Belgique a joué un rôle de pionnier. C’est la société italienne Esplodenti Sabino qui a procédé, par contrat, à la destruction de ce stock qui s’élevait à 115 210 obus.

Le ministre entend aussi entrer dans l’Histoire de l’Otan comme celui qui aura soutenu la construction de ses nouveaux locaux à Bruxelles.

Une manière de souligner aussi qu’il a retissé les liens avec le grand frère américain… et Ch. Ly.

© La Libre Belgique 2010