L’échec de la fusion pousse la hiérarchie des FUNDP vers la sortie

Certains parlent de "démissions", d’autres de simples "remises de portefeuilles". Toujours est-il que les Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur (FUNDP) devront bientôt se passer des services de trois de leurs plus hauts responsables.

Laurent Gérard
L’échec de la fusion pousse la hiérarchie des FUNDP vers la sortie
©Bruno Fahy

Certains parlent de "démissions", d’autres de simples "remises de portefeuilles". Toujours est-il que les Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur (FUNDP) devront bientôt se passer des services de trois de leurs plus hauts responsables. Paul Reding, administrateur général, Philippe Lambin, vice-recteur et Michel Jadot, administrateur en charge de la recherche, ont décidé de se retirer à la suite de l’échec de la fusion des quatre universités catholiques (UCL, FUNDP, St-Louis à Bruxelles et Fucam à Mons). Un projet dont ils étaient d’ardents défenseurs, persuadés que c’était là une chance à saisir pour les Facultés namuroises.

Pour rappel, le projet de fusionner les quatre institutions dans une grande UCLouvain avait capoté en décembre dernier, en raison du soutien insuffisant manifesté par l’assemblée générale des Facs de Namur. Par la suite, les FUNDP avaient demandé, et obtenu dans un premier temps, un moratoire destiné à organiser un second vote sur la fusion, que l’on espérait alors positif. L’UCL, pressée de réaliser une fusion avec les Fucam, ayant finalement décidé, en janvier, de ne pas attendre et de s’orienter vers des discussions bilatérales avec chacun de ses trois partenaires, les FUNDP répondirent qu’elles étaient d’accord, mais alors dans le cadre d’une coopération renforcée entre entités juridiquement autonomes et dans l’idée de poursuivre des collaborations avec d’autres partenaires. Une réponse semblable à celle de St-Louis, même si les Bruxellois ont été moins diplomates, disant ne pas digérer ce revirement de l’UCL et ce retour à des discussions bilatérales qui avaient pourtant montré leurs limites, il y a cinq ans.

La page "Fusion UCLouvain" étant définitivement tournée, qu’allaient faire les professeurs Reding, Lambin et Jadot ? Ils s’étaient particulièrement investis dans le projet. Les deux premiers étaient même membres du groupe stratégique au centre des négociations. Leur mandat était d’ailleurs de facto lié à la préparation de celle-ci et devait se terminer à la naissance de l’UCLouvain, en septembre 2011. Pour eux, il était logique d’en tirer les conséquences, ce qu’ils ont fait, il y a quelques jours.

Philippe Lambin justifie cette décision : "Les conditions dans lesquelles nous avons été élus ne sont plus respectées. J’ai accepté ce boulot parce qu’il y avait un challenge. Aujourd’hui, ce challenge a disparu." Le recteur Yves Poullet disait, hier, comprendre la décision de "ces personnes extraordinaires, qui ont sacrifié leur vie de chercheur pour un projet qui ne se fait pas".

Soucieux de ne pas placer l’institution dans l’embarras, les trois hommes poursuivront leur mandat jusqu’au 1er septembre (et même au 1er janvier 2012 pour l’administrateur général, en charge du budget). Puis, ils retourneront à leurs facultés et à leurs labos, pour laisser la place à de nouveaux visages, davantage motivés qu’eux par le nouveau projet namurois.