Édito: Pour que le message passe

Les enseignants font grève aujourd’hui. Cela fait quinze ans que ce n’était plus arrivé. On ne leur jettera donc pas la pierre. Sinon, on en connaît quelques-uns, dans les transports en commun, qui auraient été lapidés depuis belle lurette.

Édito: Pour que le message passe
©Christophe Bortels

Les enseignants font grève aujourd’hui. Cela fait quinze ans que ce n’était plus arrivé. On ne leur jettera donc pas la pierre. Sinon, on en connaît quelques-uns, dans les transports en commun, qui auraient été lapidés depuis belle lurette.

Les enseignants ont de bonnes raisons de manifester. Leur métier est difficile - n’en déplaise aux adeptes des propos de comptoir ou des forums Internet, qui ne voient dans cette profession que "des fainéants, toujours en congé, qui ne bossent que vingt heures semaine, pour un salaire pas si mal que ça, finalement. Allez, santé !".

La société a évolué, le métier s’est complexifié, autant que sa reconnaissance a diminué. Les profs ont bien raison de crier aujourd’hui.

Mais pour que le message passe, en direction des responsables politiques et, surtout, de la population, il s’agira que celui-ci soit davantage d’intérêt général que corporatiste. La grogne de ce jour semblait prendre la direction de la seconde option, centrée sur les fins de carrière - qu’il est inévitable d’allonger - et les salaires des profs - qu’il est actuellement difficile d’augmenter. Avec le risque de voir à nouveau pleuvoir les insultes à destination d’une profession qui ne le mérite pas.

Sans abandonner ces revendications, le mouvement semble heureusement avoir évolué vers l’expression d’un malaise profond et le souhait de mesures (conditions de travail,...) qui contribueraient au bonheur des profs, certes, mais aussi à un enseignement de meilleure qualité.

A ce message-là, personne ne peut être insensible.