Michelle Martin libérable sous conditions dès mardi

Michelle Martin devrait être libérée au plus tôt mardi dès 16 heures si l'avocat général près la cour d'appel de Mons, Jean Leys, ne se pourvoit pas en cassation, a confirmé ce dernier. Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, estime que la libération est trop rapide.

Michelle Martin libérable sous conditions dès mardi
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Rédaction en ligne avec Belga

Michelle Martin devrait être libérée au plus tôt mardi dès 16 heures si l'avocat général près la cour d'appel de Mons, Jean Leys, ne se pourvoit pas en cassation, a confirmé ce dernier auprès de l'agence Belga. Le Tribunal d'application des peines de Mons a rendu sa décision ce lundi matin alors que celle-ci n'était attendue par les avocats de Michelle Martin que pour le 12 mai. Les avocats de l'ex-femme du Marc Dutroux, qui avait été condamnée à 30 ans de réclusion, avaient plaidé le 26 avril dernier pour la quatrième reprise une remise en liberté conditionnelle de leur cliente, depuis son incarcération en 1996.

L'avocat Olivier Haenecour, conseil des parties civiles Lambrecks père et fils, s'était opposé à cette libération. "La famille considère que Michelle Martin n'a jamais émis de regrets sincères", avait-il déclaré. Etant donné que Michelle Martin, qui est détenue actuellement à la prison de Berkendael à Bruxelles, a effectué - détention préventive comprise - le tiers de sa peine, elle est en effet admissible au régime de la liberté conditionnelle depuis août 2006.

Elle avait déjà introduit une demande de libération en avril 2007. Le TAP avait alors rejeté l'idée, au vu de la gravité des faits et à cause de l'absence de reclassement et des risques liés au profil psychologique de la détenue.

Le deuxième essai, en octobre 2008, avait conduit à un deuxième refus. Le TAP avait alors demandé que le délai avant une nouvelle demande de libération conditionnelle soit mis à profit pour éclaircir l'aspect psychosocial de Martin. Une troisième tentative en novembre 2009 n'avait pas abouti. Michelle Martin a été condamnée en 2004 à trente ans de réclusion pour son implication dans l'affaire Dutroux.

Les précédentes demandes avaient toujours été rejetées, l’avocat de la famille Lambrecks argumentant que jusqu’à présent, Michèle Martin « n’a jamais vraiment montré de remords ».

La défense rappelle que la cassation n'est pas un degré d'appel

Interrogé au sujet de la décision rendue lundi par le tribunal d'application des peines de Mons qui s'est prononcé en faveur d'une libération conditionnelle de Michelle Martin, l'avocat de l'ex-épouse de Marc Dutroux, Me Thierry Bayet, a déclaré que la loi avait été seulement respectée. Si le parquet général de Mons peut introduire un pourvoi en cassation jusque mardi 16 heures, Me Thierry Bayet rappelle que ce pourvoi doit découler d'une erreur juridique et qu'il doit être dès lors motivé.

"Il ne s'agit pas d'une forme d'opposition mais une manière de vérifier si la loi a été correctement appliquée et la décision adéquatement motivée", a-t-il précisé.

L'avocat de Michelle Martin a indiqué que sa cliente avait, au même titre que tous les autres détenus qui saisissent le tribunal d'application des peines, soumis un projet de réinsertion. L'avocat considère que la médiatisation de cette affaire a inévitablement joué dans ce dossier. L'important intérêt des médias, ce lundi, relatif à la décision du tribunal d'application des peines, l'illustre parfaitement, a souligné l'avocat.

Me Bayet reconnaît que sa cliente éprouverait des difficultés à se réinsérer mais il relativise. "Comme pour chaque détenu, c'est un enjeu. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. Mais Michelle Martin s'y prépare depuis plusieurs années déjà", a-t-il dit.


La décision quant au pourvoi ne sera connue que mardi Dans le cadre de la libération potentielle de Michelle Martin, le procureur général de Mons procède ce lundi à l'examen de la régularité de la procédure et de la légalité du jugement rendu dans la matinée par le tribunal d'application des peines de Mons. La décision ne sera prise que mardi, a indiqué le procureur général de Mons, Claude Michaux. Le pourvoi en cassation doit être introduit au plus tard mardi à 16 heures. La décision sera donc rendue par le procureur général mardi "dans le courant de la journée, à l'issue de l'examen de la procédure". "Il n'y a pas de possibilité d'interjeter appel de cette décision mais si un moyen de cassation existe, un pourvoi sera introduit", avertit le procureur général de Mons, Claude Michaux. L'avocat de Michelle Martin, Me Thierry Bayet, avait souligné que le pourvoi en cassation ne pouvait être considéré comme une forme d'opposition au jugement ou un degré d'appel mais qu'il devait être motivé et reposer sur une erreur juridique.


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