Alain Hubert fait un vide polaire autour de lui

Les problèmes entourant la prochaine mission scientifique à la station Princesse Elisabeth (Antarctique) prennent un tournant plus personnel : l’explorateur belge Alain Hubert est au centre de critiques touchant à son attitude présentée comme très exigeante dans le cadre des expéditions australes Belare (Belgian Antarctic Research Expedition).

F.C.
Alain Hubert fait un vide polaire autour de lui
©Didier Bauweraerts

Les problèmes entourant la prochaine mission scientifique à la station Princesse Elisabeth (Antarctique) prennent un tournant plus personnel : l’explorateur belge Alain Hubert est au centre de critiques touchant à son attitude présentée comme très exigeante dans le cadre des expéditions australes Belare (Belgian Antarctic Research Expedition).

Pour rappel, "La Libre" avait révélé la semaine dernière l’inquiétude d’Alain Hubert, président du Secrétariat polaire belge et responsable de la station. Dans un texte transmis à Sabine Laruelle, ministre de la Politique scientifique, il déplorait le fait que la participation des militaires belges aux missions Belare était sérieusement compromise.

La faute au gouvernement fédéral en affaires courantes, avions-nous appris : la nouvelle convention-cadre devant encadrer (pour vingt-cinq ans) les divers aspects des missions Belare n’a pas été conclue, faute d’exécutif "en règle". Ainsi, par manque de cadre formel, le chef de l’armée (le général Delcour) avait signifié la fin de la collaboration en Antarctique. Problème : la contribution des soldats est tout à fait indispensable, jugeait Alain Hubert. Particulièrement pour la manipulation des gros tracteurs Prinoth, dotés de chenilles et adaptés aux conditions polaires extrêmes.

Mais, bref. Certains déplorent donc le comportement excessif d’Alain Hubert lors des missions. Un vent favorable nous a, en effet, transmis le débriefing, auprès de l’administration fédérale, des scientifiques revenus de la station Princesse Elisabeth ces dernières années.

Pour 2010-2011, par exemple, voici les problèmes relevés (en style télégraphique ) : " Impossible de discuter avec l’expedition leader (A. Hubert) sur des sujets/activités sous sa responsabilité" - "Impossible d’avoir une autre opinion . Manque de communication/briefings entre les scientifiques et l’expedition leader pour discuter du planning et des besoins et négocier et résoudre les conflits d’intérêt. Besoin d’un consensus avec les scientifiques et si pas possible besoin d’un débat ouvert sur les raisons interférences avec les projets scientifiques. Nécessité de communiquer avec les chercheurs sur les besoins logistiques pour éviter les interférences avec les projets scientifiques. "

Pour les expéditions Belare 2009-2010 et 2008-2009, les griefs des scientifiques sont, en gros, identiques. A noter : ces personnes ne remettent jamais en question l’intérêt de la station elle-même ou des missions en tant que telles. Toutefois, on nous affirme que ces scientifiques ne sont plus très emballés à l’idée de se retrouver isolés en Antarctique dans de pareilles conditions.

Du côté de l’armée, les militaires embarqués précédemment pour le continent austral ont été eux aussi refroidis. Les trois derniers en date ont tous refusé de retourner à la station Princesse Elisabeth après un passage auprès du psychologue de l’armée. " On a trois autres candidats qui sont prêts à s’y rendre , confie une source proche du dossier, mais c’est tout de même le signe qu’il y a un malaise. Les militaires sont là pour accomplir des missions bien spécifiques mais Alain Hubert en demande toujours plus " Notamment en voulant sélectionner lui-même les soldats devant l’accompagner.

Résultat : l’armée utiliserait l’excuse de la convention-cadre non signée pour ne plus participer aux Belare. " Cette histoire de convention, c’est juste une façade bien commode. Ces missions ne coûtent pas spécialement cher à l’armée. Les militaires auraient de toute façon été payés. Il y a juste des primes supplémentaires mais qui sont normales pour ce type de mission ", ajoute la même source.