Près de 230 enfants n’ont toujours pas d’école

Dans certaines familles, l’excitation est déjà bien palpable à l’approche de la rentrée : le cartable tout neuf est prêt à être enfilé sur les épaules. Dans d’autres, l’insouciance des vacances n’aura été que chimères, noyée dans l’angoisse : celle de ne pas savoir dans quel établissement scolaire leur enfant serait inscrit.

Stéphanie Bocart
Près de 230 enfants n’ont toujours pas d’école
©Jean-Luc Flémal

Dans certaines familles, l’excitation est déjà bien palpable à l’approche de la rentrée : le cartable tout neuf garni du parfait attirail scolaire - cahiers, fardes, plumier, équerre, etc. - est bouclé et prêt à être enfilé sur les épaules. Dans d’autres, l’insouciance des vacances n’aura été que chimères, noyée dans l’angoisse : celle de ne pas savoir dans quel établissement scolaire leur enfant, certificat d’études de base (CEB) en poche, serait inscrit.

Depuis deux ans, le décret inscriptions, porté par la ministre de l’Enseignement obligatoire en Communauté française Marie-Dominique Simonet (CDH), organise les inscriptions en 1re année commune du 1er degré de l’enseignement secondaire en vue de faciliter la transparence, la mobilité sociale des élèves et l’égalité de tous.

Pour ce qui concerne la rentrée 2011-2012, les parents d’enfants en 6e primaire ont pu les inscrire, entre le 14 mars et le 1er avril 2011, via le dépôt d’un formulaire unique d’inscription auprès de l’établissement correspondant à leur premier choix, tout en mentionnant, s’ils le souhaitaient, d’autres préférences d’école en cas de saturation. Une deuxième phase d’inscriptions a débuté le 9 mai 2011, mais cette fois dans l’ordre chronologique.

Si un grand nombre d’enfants se placent en ordre utile dans l’école de leur choix ou dans au moins un des établissements de leur préférence, d’autres par contre se retrouvent en liste d’attente. Rappel, c’est la Commission interréseaux des inscriptions (Ciri) qui a pour mission d’optimaliser les préférences des parents des élèves dont le premier choix n’a pas pu être satisfait directement par les écoles où ils ont déposé leur formulaire unique d’inscription.

Quelle est la situation, intermédiaire, en date du 18 août ? Réunie jeudi, la Ciri a comptabilisé 227 élèves toujours uniquement en liste d’attente, sur un total de 44 956 enfants à inscrire. Sans surprise, c’est à Bruxelles que le problème persiste, avec 214 enfants qui ne figurent pas encore en ordre utile dans l’une des écoles de leur choix, pour 4 en Brabant wallon et 9 ailleurs en Wallonie. "Par rapport à l’année dernière, il y a une amélioration parce que de nouvelles mécaniques mises en place ont permis d’accélérer un peu les choses", confie ce membre de la Ciri. Il y a ainsi les effets des désistements, des déménagements des familles mais également la prise en compte, cette année, des échecs au CEB (NdlR : en cours jusqu’au 1er septembre) qui induit l’annulation de l’inscription et, partant, a une incidence sur l’évolution des positions des enfants en ordre utile ou liste d’attente. "Par rapport au même moment l’an dernier (NdlR : on comptait 290 enfants uniquement en liste d’attente au 18 août 2010), les choses se passent mieux. Cependant, tant que l’on ne se sera pas à zéro enfant uniquement en liste d’attente, la ministre ne sera pas satisfaite", insiste-t-on au cabinet Simonet.

De même, actuellement 67 écoles affichent complet, dont 45 à Bruxelles, 7 en Brabant wallon et 15 en Région wallonne (hors BW). "Le nord de Bruxelles est la zone la plus critique. A Laeken, Jette, Ganshoren et Neder-over-Heembeek, toutes les écoles sont complètes", précise-t-on à la Ciri. "Le décret inscriptions a permis de réguler l’excès de la demande sur l’offre dans un certain nombre d’établissements. Mais il ne réglera jamais la question de la croissance démographique (NdlR : 170 000 nouveaux habitants d’ici 2018-2020) à Bruxelles. C’est évident", s’exprime-t-on encore à la Ciri. Il faut donc s’employer à construire des écoles mais aussi encourager la réhabilitation ou l’augmentation de la capacité d’un certain nombre d’écoles.

Dotée d’un pouvoir d’injonction lui permettant d’augmenter d’une unité la capacité des classes de certaines écoles, la Ciri, qui a déjà utilisé 70 % de ce pouvoir, a décidé jeudi de l’utiliser à 100 % d’ici la fin de la semaine prochaine. Conjuguée aux effets encore attendus de la non-obtention de certains CEB, cette décision devrait permettre "de libérer un peu moins de 120 places", indique la Ciri. D’ici la fin de la semaine prochaine, quelque 100 enfants resteront toutefois sur le carreau.

A la Ciri, on tempère : "Il faut mettre dans la balance, d’un côté, le marché effectué par certains parents par rapport à la notoriété de certains établissements et, de l’autre, le fait qu’il reste encore 1 874 places disponibles à Bruxelles, 761 dans le Brabant wallon et 15 452 en Région wallonne (hors BW). Les enfants qui n’auront pas d’école à la fin de la semaine prochaine ont donc d’autres possibilités d’inscription, même si elles ne correspondent pas au choix premier des parents." Au cabinet Simonet, on souligne : "On a voulu rester dans un système de libre choix. La Ciri ne travaille que dans les préférences exprimées par les familles. C’est donc la responsabilité des familles d’aller inscrire leur enfant dans une école où il y a encore de la place s’il figure loin en liste d’attente. Le décret n’a pas une obligation de résultat d’être à zéro enfant en liste d’attente au 1er septembre parce que cela dépend des comportements individuels."

La Ciri se réunira à nouveau le 30 août pour dresser le bilan de son travail d’optimalisation.