Linkebeek cadenasse la manif’ flamingante

La journée du 18 septembre risque d’être chaude à Linkebeek. C’est en tout cas ce que craignent les autorités communales de cette commune à facilités de la périphérie bruxelloise. Hier, le Werkgroup BHV confirmait l’organisation le 18 d’une manifestation intitulée "Dwars door Linkebeek" (au travers de Linkebeek).

Mathieu Colleyn
Linkebeek cadenasse la manif’ flamingante
©Thierry du bois

La journée du 18 septembre risque d’être chaude à Linkebeek. C’est en tout cas ce que craignent les autorités communales de cette commune à facilités de la périphérie bruxelloise. Hier, le Werkgroup BHV, qui rassemble le Vlaamse Volksbeweging (mouvement populaire flamand), le Taalaktiekomitee (TAK) et le Halle-Vilvoorde-Komitee (comité Hal-Vilvorde), confirmait l’organisation le 18 d’une manifestation intitulée "Dwars door Linkebeek" (au travers de Linkebeek). Objectif : réaffirmer "que Linkebeek doit rester une commune flamande et que l’impasse politique a déjà duré assez longtemps", selon le communiqué. "La seule certitude que nous avons, c’est que les six communes à facilités paieront les pots cassés, ajoutent les organisations flamingantes. Dans toutes les positions de négociation connues jusqu’à présent, les six sont détachées de la Flandre." Le groupe de travail BHV avait déjà affirmé voir dans la note d’Elio Di Rupo la préparation "d’un plan B francophone afin de préparer les communes de la périphérie à une annexion par la région Wallonie-Bruxelles".

Dans le courrier envoyé à la mi-août à la commune pour demander l’autorisation de manifester, le TAK annonce encore : "Une manifestation contre le penchant francophone pour l’annexion et pour le respect de la Flandre." "Nous tenons à souligner que BHV doit être scindé sans la moindre compensation. Si la frontière linguistique continue d’être contestée, nous devrons commencer immédiatement les négociations sur le partage du pays."

Damien Thiéry, bourgmestre FDF de Linkebeek, entend autoriser cette manifestation au nom de la liberté d’expression, du respect de la démocratie et sous réserve de l’acceptation de son collège avant le 18 septembre. Mais il encadre sérieusement son parcours. Ainsi, les manifestants ne pourront pas se rassembler sur la place communale de Linkebeek, tel que demandé par les organisateurs. "C’est un lieu symbolique qui n’a pas à accueillir des fascistes, dit Damien Thiéry qui ajoute que les lieux présentent une forte concentration d’habitations et de commerces et qu’il veut éviter tout trouble de l’ordre public. Il propose aux manifestants de concentrer leur parcours sur la chaussée d’Alsemberg qui traverse la commune à la frontière bruxelloise.

Le bourgmestre non nommé précise qu’il ne tolérera pas les slogans et banderoles portant atteinte aux personnes. A titre d’exemple, il cite "Franse ratten rol uw matten" (en substance, "rats francophones rentrez chez vous"). "Je ne vais pas supporter qu’on touche à la citoyenneté des habitants", confie-t-il à "La Libre". Si ses demandes sont refusées par les organisateurs de la manifestation, celle-ci sera interdite, précise encore Damien Thiéry qui veut prévenir toute violence. Le 18 septembre, la police locale de Linkebeek recevra un renfort de la police fédérale. Elle est d’ores et déjà sensibilisée au respect de ces quelques conditions. D’après le bourgmestre non nommé, la manifestation s’annonce d’une certaine ampleur et devrait recevoir le soutien de députés et militants du Vlaams Belang et de la N-VA.