La Stib dénonce une grève "disproportionnée"

Drôle de rentrée" pour la Stib. Et c’est le porte-parole de la société de transport public bruxellois qui l’affirme lui-même. Retour sur des heures tendues au sein de la maison "stibienne".

La Stib dénonce une grève "disproportionnée"
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R.Me.

Drôle de rentrée" pour la Stib. Et c’est le porte-parole de la société de transport public bruxellois qui l’affirme lui-même. Retour sur des heures tendues au sein de la maison "stibienne". Dimanche, vers 22h30, à quelques heures du retour à une grosse affluence sur le réseau bruxellois, un bus de la ligne 84 voit ses vitres voler en éclat devant l’arrêt Candries, le long du boulevard Louis Mettewie à Molenbeek-Saint-Jean. A l’intérieur du véhicule, le conducteur et une passagère sont sous le choc et pris en charge par des ambulanciers arrivés rapidement sur les lieux. "Mais heureusement, personne n’est blessé" , rassure-t-on à la Stib.

Jet de pierre ou balle en plomb provenant d’un fusil ou d’une carabine à air comprimé ? Les causes de ces trois bris spectaculaires restent, pour l’heure, inconnues. " L’enquête devra le déterminer ", explique la Stib. Du côté de la zone de police de Bruxelles-Ouest, on penche pour la seconde hypothèse. " Un riverain a entendu des détonations et a retrouvé des impacts de plomb dans sa véranda" , développe le porte-parole de la zone. Les faits sont rapidement connus et l’émotion et la colère sont vives ce lundi matin au dépôt "Brel", situé à Anderlecht, où les chauffeurs décident d’entamer une grève sauvage, dès 5h30. Seize lignes (soit 117 bus) seront affectées durant la matinée.

Un mouvement "disproportionné" , selon la Stib qui dit comprendre " l’émotion" et "la dénonciation de ce manque de sécurité" , mais condamne "le procédé" employé par les syndicats pour paralyser tout un dépôt, "sans aucune concertation préalable" . "Ce type de faits n’est, hélas, pas rarissime et arrive dans toute grande agglomération , explique le porte-parole Jean-Pierre Alvin. Cet été, nous avons eu plusieurs incidents et agressions de ce type et pourtant personne n’a débrayé."

Finalement, vers 7h30, les syndicats décident de rencontrer la direction. Les négociations sont longues (plus de quatre heures) et "compliquées ", mais la situation se décante en début d’après-midi, suite à différentes propositions de la direction aux syndicats (davantage de personnel de prévention et d’intervention et accord avec la police locale pour assurer une présence policière aux arrêts du 84, qui n’est théoriquement pas " une ligne à problème" d’après la Stib). Juste à temps : la situation revient à la normale vers 16 heures, soit le début des heures de pointe.

Reste qu’un malaise subsiste : les agressions contre les chauffeurs et les bris de vitre se sont multipliés ces derniers mois dans plusieurs endroits de la capitale. "C’est devenu un sport dans certains quartiers" , poursuit Jean-Pierre Alvin pour qui les bus de la Stib sont des proies "faciles" pour les bandes locales. " Certains veulent peut-être aussi se venger de la Stib parce qu’on leur a refusé un emploi ou qu’on leur a infligé une amende." Il dénonce cette violence "gratuite" de personnes "mal dans leur peau" . "On a eu de la chance, mais ce genre d’agression aurait aussi pu tourner au drame."

Le son de cloche est quelque peu différent du côté de la zone de police Ouest de Bruxelles qui parle d’ "un acte isolé" . " Le sentiment d’insécurité est bien présent chez beaucoup de chauffeurs de la Stib, mais nous manquons cruellement d’hommes pour pouvoir les accompagner sur certaines lignes, comme cela est souhaité , explique le porte-parole de la zone. Et puis même si vous mettez vingt-cinq policiers dans un bus, vous n’empêcherez pas qu’on lui tire dessus "

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