Evaluer le profil de dangerosité des détenus

Un service qui évaluerait le profil des détenus: c’est la solution préconisée par le ministre de la Justice, Stefan De Clerck, pour éviter que se répète une évasion comme celle de Dritan Rexhepi, un Albanais qui s’est échappé dimanche de la prison de Merksplas avec un co-détenu.

J. La.
Evaluer le profil de dangerosité des détenus

Un service qui évaluerait le profil des détenus : c’est la solution préconisée par le ministre de la Justice, Stefan De Clerck (CD&V), pour éviter que se répète une évasion comme celle de Dritan Rexhepi, un Albanais qui s’est échappé dimanche de la prison de Merksplas avec un co-détenu.

Il est apparu que Rexhepi figurait sur une liste de criminels recherchés par Interpol et était réclamé par l’Italie, l’Espagne et l’Albanie pour un double meurtre. Ce qu’ignorait l’administration pénitentiaire, reconnaît son porte-parole Laurent Sempot, qui précise que Merksplas est une prison de sécurité moyenne. Soit un type de prison qui ne doit pas accueillir des détenus dangereux comme Rexhepi. "Si nous ne recevons pas ce type d’informations, nous ne pouvons le sucer de notre pouce", dit M. Sempot.

Dritan Rexhepi avait été livré par l’Espagne à la Belgique le 29 juillet dernier pour purger une peine prononcée par la cour d’appel d’Anvers en 2009. Le parquet général d’Anvers n’était pas plus au courant des faits qui lui étaient reprochés à l’étranger ou des demandes d’extradition. Ces dernières sont du ressort du SPF Justice. Un cloisonnement que M. De Clerck veut casser, en créant un service qui rassemblerait les analyses de risques de la police, du parquet et de l’administration pénitentiaire afin d’établir un profil du détenu. Son cabinet explique qu’il faudra un gouvernement de plein exercice. Cette solution ne convainc pas le professeur de criminologie Philippe Mary (ULB) : "Simple effet d’annonce. Un tel service existe sur papier depuis 1999. Et c’est mobiliser des moyens pour répondre à un événement marginal".