L’Eglise veut-elle étouffer l’expression de sa base ?

Tout récemment encore, le Conseil interdiocésain des laïcs, sorte de parlement officieux de la base catholique de Wallonie et de Bruxelles avait présenté le fruit de plusieurs années de réflexions approfondies et de consultations tous azimuts sous la forme de "dix pistes utiles" pour l’Eglise belge. Une contribution intéressante sinon déterminante à un moment où cette dernière est incontestablement encore dans les "vaps" après le séisme provoqué par les scandales de pédophilie dont il est avéré qu’un grand nombre d’auteurs étaient connus mais la hiérarchie s’est bien abstenue alors de remettre de l’ordre dans ses rangs.

Christian Laporte

Tout récemment encore, le Conseil interdiocésain des laïcs, sorte de parlement officieux de la base catholique de Wallonie et de Bruxelles avait présenté le fruit de plusieurs années de réflexions approfondies et de consultations tous azimuts sous la forme de "dix pistes utiles" pour l’Eglise belge. Une contribution intéressante sinon déterminante à un moment où cette dernière est incontestablement encore dans les "vaps" après le séisme provoqué par les scandales de pédophilie dont il est avéré qu’un grand nombre d’auteurs étaient connus mais la hiérarchie s’est bien abstenue alors de remettre de l’ordre dans ses rangs.

Alors qu’on espérait une certaine gratitude des hautes sphères ecclésiales, c’est plutôt le phénomène inverse qui se produit. On a en effet appris lors de la dernière assemblée générale du CIL que la Conférence épiscopale allait réduire drastiquement son subside. Le Conseil ne recevra de fait plus que 50 % de ce que la hiérarchie ecclésiale lui attribuait et cela entravera sérieusement son fonctionnement. Jadis reconnu comme service d’éducation permanente par la Communauté française, le CIL n’a pas eu de reconnaissance après le décret de 2003 et son bon fonctionnement dépend pour une large part du bon vouloir ecclésial.

Réélu à l’unanimité pour un nouveau mandat de président, Peter Annegarn n’a pu que confirmer qu’il devra continuer ses activités avec moins de moyens. Il a néanmoins dit sa volonté de poursuivre son action avec une plus grande implication des différents mouvements et même avec les évêques de Bruxelles et de Wallonie.

Peter Annegarn n’est pas le premier venu, bien connu dans le sérail comme président du Forum européen des laïcs qui deviendra aussi dès le mois prochain président de Caritas francophone et germanophone. Un chrétien engagé et ouvert qui entend aussi réussir la célébration du cinquantième anniversaire de Vatican II. Pour rappel, le concile opta résolument pour une Eglise collégiale et aussi pour une plus grande implication des laïcs dans la vie de l’Eglise

Faute de davantage de moyens, le Conseil interdiocésain des laïcs sera donc forcé de réduire sa voilure alors qu’il serait important de faire entendre davantage la voix de la base catholique dans un monde de plus en plus pluriel.

Le CIL ne disposera pourtant plus de secrétariat permanent et devra fonctionner uniquement sur une base bénévole. Et son toujours intéressant bulletin trimestriel "Sillages" sera envoyé par courrier électronique même si l’on pourra aussi l’obtenir en version papier pour autant que l’on s’abonne.

Le Conseil ne se coupe pas du monde non plus, étant toujours accessible par mail à l’adresse cil@cil.be.

Du côté de l’Eglise, on parle d’une diminution conséquente de ses propres moyens pour cause de baisse des fidèles et de répercussion de la crise des "pédocurés".

Reste que certains laïcs ne peuvent s’empêcher de penser qu’une frange de la hiérarchie n’appréciait que très peu les positions critiques du CIL