Monica De Coninck: contrats flexibles pour chômeurs de longue durée

Un peu à la surprise générale, Monica De Coninck (SP.A) a été désignée ministre de l’Emploi dans le nouveau gouvernement fédéral. Entretien.

Monica De Coninck: contrats flexibles pour chômeurs de longue durée
©Christophe Bortels
Laurent Gérard et Vincent Rocour

Entretien

Un peu à la surprise générale, Monica De Coninck (SP.A) a été désignée ministre de l’Emploi dans le nouveau gouvernement fédéral. Elle livre pour la première fois dans un journal francophone les grands principes qui vont fonder sa politique.

Qu’est-ce qui vous a valu d’être nommée ministre ?

De toute évidence, mon expérience au CPAS d’Anvers. Quand j’y suis arrivé, en 2001, 13 000 personnes touchaient le minimex. Ces personnes recevaient de l’argent tous les mois, et c’était tout. Je trouvais que ce n’était pas notre boulot. Le boulot du CPAS, ce n’est pas de distribuer de l’argent. C’est de garantir aux gens une vie digne. Et pour cela, il faut non seulement des moyens pour vivre décemment, mais aussi un travail. A mon arrivée, j’ai expliqué aux 350 assistants sociaux qu’il fallait créer avec les minimexés des parcours vers l’insertion. Au début, cela n’a pas été facile. J’ai eu deux-trois grèves sur le dos parce que pour les assistants sociaux, cela demande plus de travail que de simplement donner de l’argent. On a aussi proposé des emplois à des jeunes, dans le cadre de l’Article 60 notamment. Résultat ? On est passé de 13 000 minimexés en 2001 à 4 000 en 2008. Avec la crise et la nouvelle vague de régularisation, ce chiffre est ensuite remonté à 8 000, mais il est à nouveau en train de diminuer. En dix ans, le CPAS d’Anvers a "activé" environ 20 000 sans-emploi.

Que tirez-vous comme enseignement de cette expérience ?

Quand on prend les gens par le collier, on peut les activer. Mais avec des différences. On a constaté qu’un tiers des 13 000 minimexés a pu être facilement remis sur le marché du travail, qu’un deuxième tiers a retrouvé un emploi, mais avec de grandes difficultés, et que le dernier tiers est extrêmement difficile à placer sur le marché du travail. Ce sont souvent "des inadaptés sociaux" qui cumulent les handicaps. Ils sont parfois peu intelligents, ou trop vieux, ou dépendants à l’alcool, à la drogue.