Édito : Malvenue mais ...

Une grève pour rien. Un coup porté à l’économie belge. Des syndicats qui se trompent de cible.

Édito : Malvenue mais ...
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Une grève pour rien. Un coup porté à l’économie belge. Des syndicats qui se trompent de cible. Depuis quelques jours, les attaques fusent, musclées dans les rangs patronaux, plus diplomatiques au sein de la majorité papillon, face à la perspective de voir le pays paralysé ce lundi. Rarement mouvement de grève n’aura semblé aussi impopulaire, n’aura autant divisé les travailleurs, posant ouvertement la question des limites du droit de grève dès lors qu’il porte atteinte au droit au travail. Cette grève générale est malheureuse et inutile. Malheureuse car elle va ternir l’image de notre pays, le jour où celui-ci accueille un nouveau sommet européen. Inutile car si la concertation sociale a clairement connu des ratés ces dernières semaines, notre pays devra, de gré ou de force, faire évoluer son modèle social devant la nécessité d’assainir nos finances publiques et de supporter, dans le même temps, les effets du vieillissement de la population. Mais s’il y a une part de posture idéologique dans le jusqu’au-boutisme syndical, cette grève générale trouve néanmoins un écho plus large dans les doutes de citoyens européens aujourd’hui déboussolés par le seul message d’austérité que leur renvoient leurs gouvernements respectifs. De ce point de vue, on doit espérer que le ras-le-bol exprimé par les syndicats belges, dans ce qu’il a d’excessif, aura au moins le mérite de nourrir le débat sur la nécessité d’ouvrir, au-delà des efforts à consentir, des perspectives de croissance, d’équité et de justice sociales.