La vie consacrée du cardinal Ries

S i telle est la volonté du Saint-Père, je l’accepte mais je n’en suis pas digne, ego non sum dignus !" En apprenant de la bouche du nonce apostolique, le 5 janvier en fin de journée que Benoît XVI avait décidé de le créer cardinal à l’occasion du consistoire de ces 18 et 19 février, Julien Ries n’avait pas caché sa surprise d’abord, son émotion ensuite, de voir cet honneur lui échoir à l’automne de sa longue existence terrestre.

Christian Laporte

S i telle est la volonté du Saint-Père, je l’accepte mais je n’en suis pas digne, ego non sum dignus !" En apprenant de la bouche du nonce apostolique, le 5 janvier en fin de journée que Benoît XVI avait décidé de le créer cardinal à l’occasion du consistoire de ces 18 et 19 février, Julien Ries n’avait pas caché sa surprise d’abord, son émotion ensuite, de voir cet honneur lui échoir à l’automne de sa longue existence terrestre.

Depuis lors les choses se sont accélérées : Julien Ries portait déjà le titre de monseigneur depuis deux ans, ayant été nommé prélat d’honneur du Pape mais il n’avait pas été ordonné évêque pour autant. C’est chose faite depuis samedi dernier puisque Mgr Giacinto Berloco, "l’ambassadeur" de Benoît XVI auprès de la Belgique y a solennellement procédé entouré de NN SS Harpigny, Vancottem, Warin et Van Looy au sanctuaire marial du Pays d’Ath à Villers-Notre-Dame.

Comme l’a souligné le nonce, si Mgr Ries devient cardinal c’est à la fois pour le remercier pour son engagement de prêtre - en paroisse d’abord, comme accompagnateur de l’Œuvre ensuite -, et pour son travail scientifique comme théologien et comme historien des religions.

Ce samedi peu avant midi, Mgr Ries entrera dans le club select des cardinaux en même temps que vingt et un autres prélats, ou plutôt vingt car l’un des nouveaux élus, le jésuite allemand Karl Becker sera installé plus tard pour des raisons de santé même si d’aucuns ont prétendu qu’il ne tenait en fait plus à recevoir le titre.

Comme on l’avait souligné dans ces colonnes lors de l’annonce de ce Consistoire qui vise surtout à ce que le Collège des cardinaux appelé à choisir éventuellement un nouveau Pape soit de nouveau au complet - au minimum cent vingt cardinaux n’ayant pas atteint les 80 ans - la présente nouvelle levée fait la part belle à l’Italie avec pas moins de sept nouveaux cardinaux. En fait, nécessité fait loi : la plupart étaient en place dans les dicastères, lisez : ministères, du Vatican et il s’impose que ceux-ci soient dirigés par des cardinaux. A côté d’eux, le Pape a, dans une même logique vaticane, décidé d’élever comme il sied les titulaires de grands archevêchés au cardinalat. Ce qui sera fait ce samedi pour les archevêques de Toronto, de Prague, d’Utrecht, de Florence, de New York, de Berlin et de Hong Kong auxquels on joindra le "chef" de l’Eglise syro-malabare en Inde qui rejoindra d’autres patriarches d’Eglises orientales cousines de celle de Rome.

D’aucuns se demanderont pourquoi l’archevêque de Malines-Bruxelles, M gr André-Joseph Léonard n’est toujours pas cardinal. Là encore, Rome suit une certaine logique. Pour l’heure, le cardinal Godfried Danneels, même s’il a quitté la scène publique depuis deux ans n’a pas atteint l’âge limite de 80 ans et il reste logiquement un des 125 électeurs - depuis ce samedi - potentiels d’un nouveau Pape. Comme il y a une règle non écrite qui veut qu’il ne peut y avoir deux représentants au Collège des cardinaux d’un même archidiocèse, André-Joseph Léonard devra toujours attendre, son prédécesseur ne franchissant le cap fatidique qu’en juin 2013. Mais le prélat de la patience et, bon joueur, il n’a pas manqué de se réjouir de la nomination de Julien Ries qui est aussi un de ses supporters de longue date, ceci expliquant aussi cela