Le cardinal a pu compter sur de vraies "groupies"

C’est une heureuse tradition du Vatican : lorsque de nouveaux cardinaux sont installés, ils reçoivent directement leurs invités, l’après-midi même, dans l’un ou l’autre coin prestigieux autour de la basilique Saint-Pierre mis à leur disposition.

C.Le

C’est une heureuse tradition du Vatican : lorsque de nouveaux cardinaux sont installés, ils reçoivent directement leurs invités, l’après-midi même, dans l’un ou l’autre coin prestigieux autour de la basilique Saint-Pierre mis à leur disposition.

Pour les uns, cela se passe dans une des superbes salles du Palais apostolique - en dessous des bureaux du Pape - mais pour d’autres, c’est dans l’Aula Paul VI, bien connue pour accueillir souvent les audiences papales du mercredi.

C’est là, dans l’atrium, que le nouveau cardinal belge a accueilli celles et ceux qui voulaient le féliciter. Le prélat-anthropologue s’est prêté avec plaisir à l’exercice. Ses voisins n’ont peut-être pas été choisis par hasard, à moins que ce ne soit l’inverse : il y a là le chef de l’Eglise syro-malabare d’Inde, le cardinal Alencherry, mais aussi le cardinal roumain Lucian Muresan et le cardinal maltais Prosper Grech, des prélats qui montrent la diversité du christianisme ou qui sont aussi des chercheurs comme lui.

Multilingue, Mgr Ries répond ainsi en néerlandais aux évêques d’outre-Moerdijk - "Ik ben geboren niet ver van Aarlen"- avant de retrouver le parler de son enfance puisque c’est en luxembourgeois qu’il taille une bonne bavette avec le nouvel archevêque du Grand-Duché.

Il est vrai que, né à Fouches, Julien Ries s’est initié au "patois" du pays d’Arlon avant de s’immerger dans tant de langues parfois mortes, mais néanmoins utiles à connaître pour le chercheur.

Assisté du conseiller ecclésiastique de l’ambassade de Belgique près le Saint-Siège, Mgr Dirk Smet, Julien Ries s’est également prêté avec beaucoup de bienveillance aux sollicitations de collectionneurs inédits dont on peut supposer qu’ils écument les consistoires : avec une farde comportant les blasons de tous les nouveaux cardinaux, ils rassemblent les autographes des prélats qui y ajoutent parfois leur grain de sel.

Enchaînant les rencontres, le cardinal n’a guère eu le temps de souffler. Ainsi a-t-il eu l’occasion de discuter avec un ministre du nouveau gouvernement italien. Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, est en effet ministre de la Coopération au développement dans l’équipe de Mario Monti.

Mais c’est le rassembleur des religions et l’homme du dialogue interreligieux que reconnaît et salue d’emblée Mgr Ries, qui lui rappelle l’avoir rencontré lors d’un grand rassemblement de Sant’Egidio à Louvain et à Bruxelles, au début des années nonante, tandis que, de son côté, son interlocuteur lui confesse humblement n’avoir pas lu tous ses livres.

La mémoire du cardinal Ries ne fera pas davantage défaut lorsque se présente à lui Mgr Pier-Luigi Celata, qui fut nonce apostolique à Bruxelles. Une foule d’évêques mais aussi des cardinaux ont également tenu à congratuler leur nouveau collègue : le "numéro deux" du Vatican, Mgr Bertone, s’est ainsi agenouillé comme les autres. Le cardinal Erdö, de Budapest, qui préside la commission des conférences épiscopales européennes, ne dérogea pas davantage à la règle, pas plus que l’ex-vicaire de Rome, le cardinal Ruini.

Toutes ces marques de reconnaissance réjouissent visiblement Julien Ries, mais elle semble peu de chose à côté de la joie qu’il éprouve à retrouver de vrais "fans", des familles proches de "Communion et libération" habitant à Bruxelles, à Liège et ailleurs encore, dont il a suivi l’évolution familiale et souvent célébré les sacrements importants.

Le héros du jour s’est également prêté à au petit jeu de la photo de groupe avec ses enthousiastes supporters qui ne parvenaient pas à le quitter.

Vient ensuite le tour du porte-parole du Vatican, le Père Lombardi lui-même, de venir le saluer. Il retrouvera enfin un autre Belge de Rome, l’abbé Schouppe, qui enseigne le droit à l’Université de la Sainte-Croix mais qu’il avait connu lorsqu’il était aumônier de l’Opus Dei à Louvain-la-Neuve, il y a plus d’un quart de siècle

Tout cela sous le regard de ses amis de l’Œuvre dont certains aiment à rappeler que c’est sa fondatrice qui a, au fond, incité Julien Ries à travailler scientifiquement sur l’histoire des religions.

Deux heures se sont écoulées. Julien Ries affiche toujours le même sourire lorsque le commandant en chef des Gardes suisses vient lui-même lui remettre un petit présent comme à tous ses collègues : du chocolat. Suisse, cela va sans dire