Beaudonnet "particulièrement touché par le drame de Sierre"

Directs, images, commentaires, flux d'informations en continu sur les sites ou chaînes d'information... Les médias en font-ils trop au moment d'un drame ou de funérailles ? Le correspondant de France 2 à Bruxelles François Beaudonnet a répondu à toutes vos questions.

Rédaction en ligne
Beaudonnet "particulièrement touché par le drame de Sierre"
©capture d'écran

Pouvait-on publier les photos des enfants dans la presse ? Les journalistes ont-ils respecté l'intimité des parents ? Y a-t-il eu des dérives ?

Lors du drame de Sierre, nombreux sont les téléspectateurs belges à avoir envoyé des messages de remerciement et de félicitation à François Beaudonnet sur la manière "juste" et "digne" avec laquelle il avait décrit le chagrin des Belges.

Au lendemain des funérailles nationales, il revient sur ce terrible événement qui a endeuillé l'ensemble du pays et a répondu à toutes vos questions.

Vous étiez nombreux à vous demander si les médias n'avaient pas été trop loin. Aurait-il fallu faire preuve de plus de retenue? Pour François Beaudonnet, il est clair que la publication des photos de certains enfants victimes de l'accident de bus, alors même que les parents n'étaient pas encore au courant, a été très "choquante". Toutefois, il a tenu à expliquer que pour un reporter il est parfois difficile de concilier professionnalisme, exigé tant par les rédactions que par le public, et réserve face aux douleurs des familles.

"Pour Sierre, on a essayé de recueillir des témoignages mais quand on sentait que la pression sur les proches et les familles devenait énorme, les équipes, spontanément et avec mon accord, ont pris du champ. C'est difficile, car si on a pas le témoignage que les autres médias ont, la rédaction à Paris aura le sentiment qu'on n'a pas fait notre travail."

Il a aussi expliqué qu'il est parfois difficile pour un journaliste, qui est avant tout un être humain, de mettre ses émotions de côté et garder la tête froide devant tant de tristesse et de souffrance.

"J'ai été particulièrement touché par le drame de Sierre, comme je l'avais été par celui de Termonde. Je suis journaliste mais j'ai aussi des enfants, qui sont un peu plus jeunes que ceux des deux écoles endeuillées. Oui, l'émotion était très forte."

Enfin, il a eu l'occasion de revenir sur d'autres sujets assez différents, comme l'état de la sécurité à Bruxelles. Certains d'entre vous ont même voulu savoir s'il pensait que la capitale était plus dangereuse que Paris ou que le quartier du Bronx à New York (comme il l'avait suggéré dans un reportage).

"Je n'ai pas comparé Bruxelles au Bronx (qui est paraît-il beaucoup plus sûr qu'avant), mais j'ai posé la question et vu le débat que cela a provoqué j'en suis très content. Même si j'ai le sentiment que les choses n'ont pas beaucoup progressé."

"Il y a à Bruxelles pas mal de petite délinquance dans des quartiers où on ne s'y attendrait pas. Mais ici vous n'avez pas et c'est tant mieux le phénomène des ghettos que sont certaines banlieues en France", a-t-il ajouté.