Portes ouvertes en hiver : pas bien

Des magasins laissent leur portes d’accès ouvertes en permanence, même au cœur de l’hiver. On peut y voir un non-sens économique, puisqu’on en évalue le coût en combustible à 2 500 euros par an au mètre d’ouverture.

Portes ouvertes en hiver : pas bien
© Benoit Vanzeveren
P.P.

Des magasins laissent leur portes d’accès ouvertes en permanence, même au cœur de l’hiver. On peut y voir un non-sens économique, puisqu’on en évalue le coût en combustible à 2 500 euros par an au mètre d’ouverture; ainsi qu’un anachronisme environnemental, par rapport à nos évolutions énergétiques. Mais quelle est l’ampleur du phénomène ?

L’Union des classes moyennes (UCM) a entrepris de le savoir, de mèche avec le ministre wallon de l’Energie, Jean-Marc Nollet (Ecolo), ravi de l’initiative prise à l’enseigne des Alliances emploi-environnement. Ce serait la première étude du genre en Belgique, sinon par-delà.

L’hiver dernier, par des températures de - 2 à + 8 degrés, des enquêteurs ont ainsi sillonné dix communes de Wallonie, de tailles et configurations diverses. Résultat : la pratique a été observée 360 fois sur 3 547 commerces ouverts. Soit environ dix pour cent des magasins. "Dans l’absolu, ce n’est donc pas une pratique récurrente, commente Pierre-Etienne Durieux, conseiller énergie à l’UCM; mais c’est une moyenne, à pondérer." Les disparités sont énormes, en effet, au fil de plusieurs paramètres qui peuvent se rejoindre.

Un, la taille : la pratique croît avec l’importance de la commune (ainsi va-t-on de 0 % à La Roche à 28 % à Liège). Deux, la localisation, puisque la pratique grossit à mesure de l’offre commerciale (ainsi, à Charleroi, pas d’exemple de portes ouvertes sur tout le boulevard Tirou, alors qu’ils sont nombreux dans la rue de la Montagne contiguë) : il y a un effet de groupe dans les zones à concentration d’offre commerciale. Trois, les secteurs d’activités : l’équipement de la personne (fringues, chaussures, maroquinerie ) vient loin en tête, avec 230 exemples sur les 360 recensés, soit 24 % de ce genre de commerces visités (devant les librairies, à 12 %). Quatre, le statut du commerce : des chaînes/grandes surfaces dans 192 cas sur 360, devant les indépendants dans 152 cas et les franchisés dans 16 cas. Mais à pondérer cette ventilation par le nombre de représentants par statut, il s’avère plus significativement que la pratique est observée chez un indépendant sur 20, un franchisé sur 10, une chaîne sur trois.

Il est important d’anticiper l’expansion du phénomène, concluent UCM et ministre de concert. "On ne va pas normer, ni sanctionner, mais sensibiliser", indique M. Nollet. Ce sera, en novembre, auprès de trois publics cibles (commerçants, clients, sièges centraux). Notamment, à rebours des discours de marketing sur les clients plus enclins à entrer dans un magasin dont les portes sont ouvertes, en faisant valoir leurs effets contre-productifs à l’égard d’une clientèle commençant à fuir des commerces gaspillant ouvertement l’énergie