Pas normal que les syndicats payent les allocations de chômage

Pour deux tiers des Belges, il n’est pas normal que les syndicats assurent le paiement des allocations de chômage. Voilà un des principaux enseignements d’un sondage "La Libre"-RTBF. En marge de notre Baromètre politique (à suivre dans nos éditions de samedi et lundi), Dedicated a en effet profité de cette période d’élections sociales dans les entreprises (jusqu’au 20 mai) pour interroger les Belges sur leur perception des organisations syndicales. Pas de questions "vérité" du style "les syndicats sont-ils nécessaires ?" ou "faut-il supprimer les syndicats ?", mais plutôt des interrogations sur la manière dont ils remplissent diverses missions, sur la pertinence de certaines de leurs prérogatives ou encore sur leurs caractéristiques (voir infographie).

L. G.

Pour deux tiers des Belges, il n’est pas normal que les syndicats assurent le paiement des allocations de chômage. Voilà un des principaux enseignements d’un sondage "La Libre"-RTBF. En marge de notre Baromètre politique (à suivre dans nos éditions de samedi et lundi), Dedicated a en effet profité de cette période d’élections sociales dans les entreprises (jusqu’au 20 mai) pour interroger les Belges sur leur perception des organisations syndicales. Pas de questions "vérité" du style "les syndicats sont-ils nécessaires ?" ou "faut-il supprimer les syndicats ?", mais plutôt des interrogations sur la manière dont ils remplissent diverses missions, sur la pertinence de certaines de leurs prérogatives ou encore sur leurs caractéristiques (voir infographie).

C’est ainsi que seuls 33 % des Belges jugent normal que les organisations syndicales se chargent du versement des allocations aux chômeurs. Un sentiment partagé par les trois Régions du pays, même si c’est surtout en Flandre (29 %), davantage qu’en Wallonie (38 %) et à Bruxelles (41 %), que l’on se montre critique à cet égard. En Belgique, les fonds qui alimentent les allocations de chômage sont certes gérés par l’Office national de l’emploi (Onem), mais ils sont redistribués aux trois syndicats (CGSLB, CSC et FGTB) ainsi qu’à la Capac (Caisse auxiliaire de paiement des allocations de chômage, une institution publique), qui assurent ensuite le paiement aux chômeurs. Une prérogative historique des syndicats, que ne comprend manifestement plus une majorité de citoyens de notre pays.

Toujours au rayon critique, on notera qu’à peine 17 % des sondés pensent que les syndicats font ce qu’il faut pour empêcher les grèves sauvages. Et que 44 % d’entre eux estiment qu’ils sont trop proches des partis politiques. Ce qui signifie que plus de la moitié pense que ce n’est pas le cas. Une perception qui correspond à la posture d’indépendance affichée aujourd’hui par les syndicats et souvent résumée par un cinglant "eux, c’est eux; et nous, c’est nous !"

Pour le reste, les contributions syndicales à la sécurité et à la santé au travail ainsi qu’au maintien de l’indexation automatique des salaires sont relativement reconnues (46 %), davantage que leur rôle dans l’égalité salariale homme-femme (27 %) ou dans la lutte contre le stress et le mal-être au travail (22 %). Il semble que les syndicats doivent encore travailler leur communication