Rouges et verts perdent des couleurs

D'après le "Baromètre politique" La Libre/RTBF/Dedicated, en Wallonie, le plus gros écart négatif des urnes va au PS. Si son leadership n’est pas près de lui être contesté, le voici tout de même à un étiage wallon de 31 % qui le rapproche de sa posture sismique des élections législatives de 2007.

P.P.
Rouges et verts perdent des couleurs
©BELGA

Sur quelque durée, on entend globalement s’essouffler les grands partis du paysage politique wallon. Car voici trois mois, un seul membre du quatuor avait progressé, soit le CDH. C’est à nouveau le cas au joli (!) mois de mai, à l’avantage du MR. En légère progression de 1,5 %, les bleus font meilleure figure que les coalisés des Oliviers sudistes; et on peut pressentir un peu plus encore que le FDF "exporté" de Bruxelles (sous les 2 % d’intentions, à 1,8) ne leur fera pas de l’ombre de sitôt. Le MR ne doit pas pavoiser pour autant : il ne récupère pas toutes ses pertes du trimestre précédent; et sous les 20 %, il reste en deçà de ses derniers résultats électoraux, 2009 comme 2010.

Mais le plus gros écart négatif des urnes, c’est le PS qui s’y colle. S’il perd bien moins entre février et mai (0,9) qu’entre novembre et février (3,5), et si son leadership n’est pas près de lui être contesté, le voici tout de même à un étiage wallon de 31 % qui le rapproche de sa posture sismique des élections législatives de 2007 (29,5 % de votes), lorsque le MR avait réussi à le devancer en Wallonie. Or, les raisons en seraient ici plus structurelles, liées à l’environnement socio-économique, quand elles étaient alors plus ponctuelles, nourries à un climat de scandalite aiguë.

Du reste, la "gauche de la gauche" sortirait de l’anonymat. A joindre les 3,4 % du PTB au 1,6 % du nouveau venu MGDC de Bernard Wesphael, on arrive à des 5 % qui, s’ils restent symboliques, ne sont plus ridicules. Tandis qu’à l’autre extrême, on voit le FN friser des 6 % qu’il n’a plus atteints dans les urnes depuis 2007. Pas insignifiant, pour un parti [?] dont même le sigle est devenu fantomatique. Petit "effet Le Pen" ici, Mélenchon là ? Et pourquoi pas un petit "contre-effet Joly" au détriment d’Ecolo ? Voici les verts à plus de 3 % du CDH, alors qu’ils le dépassaient de 4 % il y a un an

Encore un dernier constat vient-il tout relativiser. Absents des urnes et abstentionnistes (votes blancs) dépassent cette fois les 8 % des sondés; et ceux qui se sont exprimés comme indécis pèsent 25 % des répondants. De sorte que l’on atteint un potentiel énorme et en croissance de 30 % de citoyens wallons, disons, "inutilisés". De quoi redonner des couleurs aux rouges et aux verts ? Car lorsque l’on interroge les indécis sur les partis qui, tout de même, pourraient figurer parmi leurs choix électoraux possibles, le PS reste en tête (à 43 %) devant cette fois Ecolo (37 %). Suivent le CDH (33) et seulement le MR (31).