En Belgique, cap sur la croissance

La Belgique a-t-elle tourné la page de l'austérité au profit de politiques de croissance ? C'était le sujet du débat de Mise au point (RTBF) ce dimanche midi.

V. Van Vyve
En Belgique, cap sur la croissance
©Alexis Haulot + Chr. Bortels

"Ce n'est pas en période de récession et de dépression que l'on peut imposer l'austérité". C'est, de manière surprenant, avec ces mots que l'économiste Bruno Colmant ouvrait le bal. "Tout comme les citoyens, les économistes sont perdus", admettait-il. Alors, se sont-ils trompés en plaidant pour que l'on resserre les boulons ? Ne fallait-il pas privilégier la rigueur alliée à un plan de relance plutôt que l'austérité ? "Pendant très longtemps, “austérité” était le seul mot à la bouche des économistes qui s'y étaient enfermés. On était pris pour des fous en parlant de croissance”, renchérissait Laurette Onkelinx (PS).

Tous les intervenants présents sur le plateau semblaient aller dans ce sens : il est révolu, le temps où l'on ne parlait que d'austérité pour revenir à l'équilibre budgétaire. "Cela auto-entretient la récession voire la déflation donc l'implosion. Or, les économies de la zone euros sont multiples", remarquait l'économiste.

Voila qui ravissait Anne Demelenne (FGTB). Pour la présidente du syndicat socialiste, une révision de la fiscalité est primordiale. "La pression fiscale sur les revenus du travail est importante alors que celle sur le capital est épargnée. Il ne s'agit plus de faire payer les plus fragilisés et les travailleurs mais ceux qui ont les épaules pour le supporter". Laurette Onkelinx abondait dans ce sens. "Soyez courageux, acceptez de revoir, enfin, la taxation du capital!", disait-elle à l'adresse de Pieter Timmermans (Directeur général de la FEB). Bruno Colmant prenait la défense de ce dernier en rappelant que l'attractivité de la Belgique diminuait à l'étranger : "Les entreprises sont stigmatisées. Les mesures prises ne leur sont pas favorables, elles les pénalisent"

Selon la vice-première, il faut alléger l'impôt des PME et augmenter les salaires les plus bas. Didier Reynders proposait, sur ce dernier point, d'accélérer les politiques de soutien.

Pour relancer la croissance, l'investissement était plaidé par tous, dans tous les domaines : la jeunesse, l'emploi, le pouvoir d'achat, la recherche, l'innovation, les travaux publics,...

Pour autant, la manière d'arriver à la croissance ne faisait pas l'unanimité. Entre la diminution des impôts sur les entreprises, la diminution du cout du travail, la hausse des salaires les plus bas, ce n'est pas sur le plateau de la RTBF que les partisans des deux écoles sont tombés d'accord. “Si on écoute Anne Demelenne, on perdra de l'emploi !”, disait d'ailleurs Pieter Timmermans.

Un projet national ?

"Je ne vois pas de projet", déplorait Olivier Deleuze. Le co-président d'Ecolo ciblait des mesures "cosmétiques" qui ne permettent pas de réguler la finance au profit de l'économie réelle.

Joëlle Milquet lui répondait qu'un plan de relance doit "encore être écrit, avec les régions et les partenaires sociaux" en tenant compte des propositions "constructives" de l'opposition.