Cours philosophiques: le PS soulève plusieurs questions

Cela traduit la difficulté du gouvernement Olivier de trouver une position commune sur ce dossier sensible.

Belga
Cours philosophiques: le PS soulève plusieurs questions
©Jean-Luc Flémal

Le Parti socialiste soulève plusieurs questions sur le projet de la ministre Marie-Dominique Simonet (cdH) d'introduire un tronc commun aux cours de religion, philosophie et morale dès la 1e primaire, traduisant la difficulté du gouvernement Olivier de trouver une position commune sur ce dossier sensible.

"Evidemment, nous sommes favorables à tout ce qui peut renforcer le vivre ensemble, à tout ce qui permet de mieux connaître l'autre", a convenu mardi la députée PS Françoise Fassiaux, interrogée dans les couloirs du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Mais "cette proposition de tronc commun ne revient-elle pas à faire ce qui existe déjà, ou ce qui peut exister sans passer par un cadre décrétal", demande-t-elle.

Les chefs des différents cultes, qui sont les seuls responsables quant au contenu des cours de religion, seraient d'accord pour réformer leur programme et trouver des convergences par eux-mêmes, au sein du Conseil consultatif des cours philosophiques, ajoute Françoise Fassiaux. Elle se demande s'il revient bien au parlement de légiférer, alors qu'existe déjà un certain "oecuménisme" sur le dossier.

Un autre questionnement a trait à la Constitution et au Pacte scolaire. "Dans quelle mesure les cours de religion peuvent-ils aller au-delà des missions qui leur sont allouées par la Constitution ? Traitant de citoyenneté, ne font-ils pas doublon avec l'organisation actuelle, dans laquelle existe déjà un décret Citoyenneté?"

La formation des enseignants responsables des cours pose question au PS. "Quelle sera leur maîtrise du tronc commun", demande Mme Fassiaux. "Le respect du choix des parents, garanti par la Constitution, sera-t-il aussi garanti dans le tronc commun ?"

Le gouvernement Olivier (PS-cdH-Ecolo) ne s'était engagé, dans sa déclaration de politique communautaire, qu'à étudier la mise en place d'un module d'initiation à la citoyenneté active et responsable, commun à tous les élèves de 1e primaire à la 6e secondaire, en complément des cours de morale et religion.

En janvier dernier, au terme d'un travail de concertation de plusieurs mois, la ministre Simonet avait lancé sa proposition d'un "tronc commun" à tous les cours de religion ou de morale, autour de trois grands axes: le questionnement philosophique, le dialogue interconvictionnel et l'éducation à une citoyenneté active.

Cette proposition avait recueilli l'intérêt du MR - le député Richard Miller défend depuis longtemps l'instauration d'un cours de philosophie - et d'Ecolo, tandis que le PS se cantonnait dans un silence prudent.

Le monde laïque, par la voix du Centre d'étude et de défense de l'école publique (Cedep), avait pour sa part soutenu le principe d'une matière enseignée en commun aux élèves, mais pas dans le cadre des cours de religion et de morale existants.

Le Cedep demandait donc la suppression de l'obligation de suivre un cours dit philosophique et la création d'un cours commun de philosophie où serait également dispensée l'histoire des religions et des mouvements de pensée non confessionnels. Une réforme qui nécessiterait de modifier la Constitution, selon la ministre Simonet.

"Il faut encore du temps", commente Françoise Fassiaux. Un cours commun facultatif, comme cela a été évoqué, n'aurait pas de sens à ses yeux.

La commission de l'Education du parlement procédera à des auditions des acteurs concernés dans les prochaines semaines. Leur nombre pourrait être considérable, vu la multiplicité des sensibilités qui seront appelées à s'exprimer.

Yves Reinkin (Ecolo) a d'ores et déjà mis en garde contre un encommissionnement du dossier.