Édito : le vrai défi de l’intégration

Promis, il y aura, sous le sapin, un décret wallon et une ordonnance bruxelloise pour inviter les primo-arrivants à s’intégrer. Et dire qu’il n’y a pas très longtemps, moult francophones parlaient avec mépris de l’"inburgering" flamande.

Christian Laporte
Édito : le vrai défi de l’intégration
©Photo News

Promis, juré, il y aura, sous le sapin, un décret wallon et une ordonnance bruxelloise pour inviter les primo-arrivants étrangers à s’intégrer. Du côté wallon, la pression du MR a amené la ministre Tillieux à l’annoncer alors que, cet hiver, elle restait très vague sur une date. Dans la région centrale, les personnes disposant depuis trois ans d’un titre de séjour valable devront aussi s’y soumettre.

Et dire qu’il n’y a pas très longtemps, moult franco-phones parlaient avec mépris de l’"inburgering" flamande, y voyant davantage une arme de combat d’assimilation que d’intégration ! Ah, le danger des clichés, car on la pratique au Nord depuis une époque où la N-VA n’était qu’un parti lilliputien... Cela dit, si le parcours doit être soutenu parce que l’obtention de droits engendre le respect de certains devoirs, l’on invite tous nos décideurs politiques à écouter plus attentivement les vrais experts. Comme Edouard Delruelle, le codirecteur du Centre pour l’égalité des chances, qui rappelait fort opportunément ici même en mars dernier qu’en 1989, les objectifs du Commissariat royal aux immigrés pour réussir l’intégration étaient extrêmement concrets : il fallait mettre le paquet sur l’emploi, le logement et l’enseignement. A l’époque, personne ne parlait du foulard, mais de la nécessité de mettre en place de vraies politiques antidiscriminatoires contre les replis identitaires. Vingt-trois ans plus tard, ces défis restent prioritaires, loin des discussions byzantines sur le caractère obligatoire du parcours d’intégration...