Consensus mou sur les armes

Il n’était pas nécessaire pour la commission des affaires générales du Parlement wallon, lundi après-midi, de réserver la salle de réunion la plus grande du Saint-Gilles : des représentants du secteur de l’armement ne sont pas venus assister inquiets ou fâchés aux travaux, comme naguère à plusieurs reprises. Et c’est bien dans un climat apaisé que, classiquement, canoniquement, la majorité PS-Ecolo-CDH a approuvé contre l’opposition MR le projet de décret du gouvernement Demotte sur la réforme des procédures d’exportation d’armes. Rien à voir avec l’émotion qui avait entouré le fameux contrat de la FN pour la Libye de Kadhafi, qui mit le feu aux poudres à retardement, ni avec les troubles politiques intramajoritaires qui ont flanqué plus de deux ans de chantier.

P.P.

Il n’était pas nécessaire pour la commission des affaires générales du Parlement wallon, lundi après-midi, de réserver la salle de réunion la plus grande du Saint-Gilles : des représentants du secteur de l’armement ne sont pas venus assister inquiets ou fâchés aux travaux, comme naguère à plusieurs reprises. Et c’est bien dans un climat apaisé que, classiquement, canoniquement, la majorité PS-Ecolo-CDH a approuvé contre l’opposition MR le projet de décret du gouvernement Demotte sur la réforme des procédures d’exportation d’armes. Rien à voir avec l’émotion qui avait entouré le fameux contrat de la FN pour la Libye de Kadhafi, qui mit le feu aux poudres à retardement, ni avec les troubles politiques intramajoritaires qui ont flanqué plus de deux ans de chantier.

"Je pense sincèrement que le résultat est solide et équitable", a développé à nouveau Rudy Demotte, ministre-Président fonctionnellement en charge du délicat registre. Dans les travées de l’Olivier, on souscrit. Non sans nuances.

"On ne s’attendait pas à des réactions enthousiastes, mais il y a consensus, entame Marc Bolland (PS). C’est un résultat remarquable par rapport à une situation passablement enlisée un certain moment." C’est d’ailleurs la raison pour laquelle quelques élus socialistes avaient déposé une proposition de résolution lançant un regard noir au gouvernement; elle n’a plus lieu d’être. Mais on continue à penser : "Si toutes les opinions sont légitimes, certaines (comprenons : celles du secteur) doivent retenir l’attention plus que d’autres (comprenons : celles des ONG) "

Le CDH, lui, avait, un moment, plaidé comme le MR et le front commun patrons/syndicats de l’industrie : de grâce, bornons-nous à transcrire les seules directives européennes sur les transferts intraeuropéens. Aujourd’hui "S’il y a un complément, relativise Dimitri Fourny, il porte exclusivement sur du matériel spécifique et des cas réduits." Oui, s’empresse de corroborer M. Demotte, "notre texte ne va pas beaucoup plus loin que la directive".

Si la Libye a eu un côté positif, se félicite Luc Tiberghien, côté Ecolo, "c’est que l’on a pu avoir une réflexion approfondie sur le sujet". Puisque "l’ancien cadre était un peu flou, un décret s’imposait"; et puisque "la note d’orientation de mai 2010 était assez confuse", il y a de quoi aujourd’hui "se montrer satisfait".

Ce n’est évidemment pas le propos du MR. Pierre-Yves Jeholet veut bien convenir qu’il n’y a pas "que du mauvais" dans le projet, et que le gouvernement "a tenu compte de certaines demandes du secteur" . Pourtant, c’est une erreur d’aller au-delà des textes européens, tout ça pour sacrifier "à un marchandage Ecolo dans le cadre de la déclaration de politique régionale" . Là-dessus, il y a tant à "simplifier et améliorer", que son groupe dépose une trentaine d’amendements. Tous remballés bien sûr, à l’exception tout de même de quatre toilettages de forme.

Et le projet passera illico dès mercredi en plénière. Point final alors ?

Pas vraiment. Sur tous les bancs, on épingle que des points restent à éclaircir par voie d’arrêtés. M. Jeholet a ainsi compté treize ou quatorze habilitations du décret au gouvernement. "Sur un sujet aussi délicat et après tant d’attente, c’est particulier", dénonce-t-il, n’y voyant rien moins que des pouvoirs spéciaux au gouvernement. Rudy Demotte conteste évidemment l’appellation. Il précise qu’il n’y a renvoi à des arrêtés que pour des questions de procédure; et assure que ce qui relève de l’application des dispositifs européens sera pris dans les délais de fin juin.