Une suspension d’un mois pour Chichah

La commission de discipline de l’ULB a tranché : Souhail Chichah, l’assistant qui avait perturbé en février dernier une conférence organisée par l’université du libre examen sur l’extrême droite avec la participation de Caroline Fourest, d’Hervé Hasquin et de Guy Haarscher, a finalement été suspendu pour un mois mais ne perdra pas sa rémunération. La décision a fait l’objet de deux séances de la commission les 29 mai et 12 juin derniers. C’est le recteur de l’ULB Didier Viviers qui avait demandé la procédure, représenté à la commission par la vice-rectrice Annemie Schaus alors que Me Marc Nève assistait l’assistant mis en cause.

Christian Laporte

La commission de discipline de l’ULB a tranché : Souhail Chichah, l’assistant qui avait perturbé en février dernier une conférence organisée par l’université du libre examen sur l’extrême droite avec la participation de Caroline Fourest, d’Hervé Hasquin et de Guy Haarscher, a finalement été suspendu pour un mois mais ne perdra pas sa rémunération. La décision a fait l’objet de deux séances de la commission les 29 mai et 12 juin derniers. C’est le recteur de l’ULB Didier Viviers qui avait demandé la procédure, représenté à la commission par la vice-rectrice Annemie Schaus alors que Me Marc Nève assistait l’assistant mis en cause.

Selon M. Viviers, Souhail Chichah avait "porté atteinte à l’estime, à l’honneur et à la réputation de l’ULB à la fois en son sein et vis-à-vis du monde extérieur et avait aussi enfreint le devoir de loyauté élémentaire qui lie tout employé à son employeur". Parmi les griefs, le recteur de l’ULB évoquait l’organisation d’une "burqua Pride" avec un appel "à la lapidation de Fourest" et le commentaire pour le moins interpellant d’un "ami" de Facebook qui parlait de "fermer physiquement Fourest". Didier Viviers reprochait évidemment aussi d’avoir troublé la réunion au point d’avoir provoqué l’annulation de la conférence-débat du 7 février. Selon le recteur, le comportement de M. Chichah était "de nature à justifier le prononcé d’une sanction disciplinaire majeure pouvant aller jusqu’à la révocation". Ce qu’il argumenta en resituant la liberté d’expression au sein de l’université qui "depuis sa création a rejeté tous les dogmes". Certes, "l’ULB a connu toutes les frondes et tous les chahuts mais ils n’étaient jamais prémédités à ce point et organisés". A propos de la loyauté envers l’ULB, le recteur fit valoir que Souhail Chichah était en congé de maladie depuis de nombreuses semaines mais avait trouvé la force "d’organiser le sabotage d’une conférence organisée par son employeur". Dans son mémoire de défense, Souhail Chichah fit remarquer qu’il n’y avait pas vraiment à son égard de respect de la présomption d’innocence, le recteur ayant largement annoncé que la commission disciplinaire devait le punir fortement L’assistant contesté expliqua aussi "avoir agi en étant fidèle aux valeurs de l’université : le refus de l’argument d’autorité, le libre examen et le refus des racismes".

Réagissant à la décision, Souhail Chichah a présenté la sanction de la commission de discipline comme "un désaveu pour les autorités de l’université". Mieux, il qualifie cette décision d’"effet d’annonce". "Les autorités universitaires, qui demandaient ma révocation pure et simple, essuient un cinglant désaveu", estime-t-il. Souhail Chichah a expliqué qu’il était déjà suspendu, avec maintien de sa rémunération, depuis le mois de février et l’instruction relative au débat qu’il avait perturbé "pour dénoncer l’islamophobie de Caroline Fourest". "Mon directeur de thèse avait déjà dû démissionner sous l’effet de pressions politiques", dit encore Souhail Chichah qui annonce qu’il poursuivra sa thèse dans une université française voire belge. Il pointe enfin le fait que la sanction n’aura aucun effet réel. "Je suis déjà suspendu depuis février, ça me donne en fait un mois de congé payé", a conclu le chercheur.

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