Les communes wallonnes sensibilisées à sensibiliser au don d’organes

D’abord, le fond. La loi du 13 juin 1986 autorise en Belgique le prélèvement d’organes et de tissus chez tout citoyen, sauf s’il s’y est explicitement opposé de son vivant ou si sa famille au premier degré refuse. Or, dans l’émotion, dans l’urgence, cette opposition familiale n’est pas rare au moment de l’annonce d’un décès propice à un don. Voilà pourquoi on encourage les citoyens à se dire expressément donneurs. Un formulaire de consentement existe, à remplir à la commune.

P.P.

D’abord, le fond. La loi du 13 juin 1986 autorise en Belgique le prélèvement d’organes et de tissus chez tout citoyen, sauf s’il s’y est explicitement opposé de son vivant ou si sa famille au premier degré refuse. Or, dans l’émotion, dans l’urgence, cette opposition familiale n’est pas rare au moment de l’annonce d’un décès propice à un don. Voilà pourquoi on encourage les citoyens à se dire expressément donneurs. Un formulaire de consentement existe, à remplir à la commune.

Ensuite, les péripéties politiques, déjà narrées ici. Le député-bourgmestre de Hannut, Hervé Jamar (MR), avait déposé une proposition de résolution au Parlement wallon, relative à l’encouragement des pouvoirs locaux à participer à des opérations de sensibilisation au don d’organes. Ce pouvait être, "notamment", à l’occasion des élections du 14 octobre.

En commission parlementaire, le 22 mai, les coalisés PS-Ecolo-CDH n’en voulurent pas. On entendit qu’il y avait d’autres bonnes causes auxquelles il s’indiquait de sensibiliser les communes; on entendit qu’un jour d’élections n’était pas un moment propice (en dépit de précédents réussis en 1999 et 2000). M. Jamar pesta, convaincu qu’il n’était éconduit que par un réflexe majorité/opposition. Ce n’était pas facile de lui donner tort.

Il voulut retenter le coup en plénière. A priori, ce devait être le même échec. C’était sans compter sur une grande sortie surprise de Benoît Lutgen, pile la veille au soir. Le président du CDH est personnellement très sensibilisé à la cause. Il priait les siens de revoir leur position. Et la proposition reprit le chemin de la commission.

Dont acte, mardi. Entre-temps, les quatre partis ont rédigé une proposition commune. Elle a donc été votée à l’unanimité et le sera, dans l’urgence, dès ce jour en plénière. "Oublions les soubresauts, c’est très bien", a remercié Hervé Jamar. "J’ai voté hier par discipline, je voterai aujourd’hui par intelligence", n’a pas manqué de prolonger son collègue André Bouchat (CDH).

Soit. Attention, autonomie communale oblige, les députés ne font ni plus ni moins qu’inviter le gouvernement à lui-même inviter les communes à agir. Comment ? 1o En sensibilisant les citoyens au don d’organes, "notamment par le biais du bulletin communal ou du site Internet". 2o En participant à des opérations menées en collaboration avec des acteurs locaux (CPAS, écoles, hôpitaux, etc.). 3o En proposant "à chaque citoyen, lors de ses contacts avec l’administration communale pour la délivrance ou l’octroi d’un document administratif, un temps de réflexion sur la possibilité de remplir directement les formalités relatives au don d’organes". 4o En prévoyant "une présence, notamment à l’occasion des élections, sur le lieu de vote de leur choix, et à ouvrir une partie de l’administration lors de journées mobilisatrices, afin de permettre d’y compléter le formulaire" en question.

Le quatrième point (d’ailleurs assez mal torché) aura été le plus négocié. On est loin ici de la demande de Benoît Lutgen, sans doute irréaliste, d’installer "un bureau du service de population de chaque commune à côté de chaque bureau de vote" afin de proposer à tous les électeurs de s’inscrire comme donneur d’organes