Il ouvrit le Palais à la presse

On a appris le décès à Bruxelles, fin août, de Claude de Valkeneer. Son nom n’évoque plus grand-chose sans doute ; pourtant, grâce à ce diplomate de haut vol, le Palais royal est entré dans la modernité sur le plan de la communication, qu’il devait, du reste, assurer pendant 30 ans avant d’être mis à l’écart, certains ayant affirmé qu’il avait été limogé pour son homosexualité. Il y a cependant fort à parier que son trop grand franc-parler et ses contacts avec "Pan", qu’il tuyautait, n’y furent certainement pas étrangers. Après la Question royale, il fut nécessaire d’huiler les rouages de l’information palatiale. La mission fut confiée à Claude de Valkeneer, alors attaché de presse et attaché culturel à l’ambassade belge de Paris. Sa tâche ne fut pas de tout repos : il y avait alors deux Rois, la princesse Lilian et moult princes et princesses. Il fallait aussi démentir en permanence la trop grande proximité entre le tout jeune roi Baudouin et ses parents. Et ce fut encore de Valkeneer qui répara deux gaffes papales. Jean XXIII avait émis le vœu de marier Albert et Paola à Rome mais c’était impossible dans le contexte de l’époque Le Pape annonça aussi prématurément la grossesse de la reine Fabiola. Claude de Valkeneer ne cacha jamais sa sympathie pour le roi Baudouin qui lui avait avoué qu’il n’était pas un crack. Par contre, le conseiller de presse avait une dent contre le cardinal Suenens qui, selon lui, avait fait du Roi "un fétu de paille balayé par le souffle de l’Esprit Saint". Ce qui ne l’aida pas : le Roi souffrit de l’absence de réels contacts sociaux et il en résulta qu’il fut toute sa vie sur ses gardes face au "beau linge" mais à l’aise avec les humbles. Dans ses souvenirs, de Valkeneer alla plus loin encore en rapportant comment un gouffre se creusa entre Baudouin et Léopold III. Incroyable mais vrai : ce dernier ne fut averti des fiançailles de son fils que le jour de l’annonce à Ciergnon ! Ici aussi, le cardinal Suenens aurait joué un rôle néfaste, ce que Léopold III ne pardonna jamais au prélat. Selon de Valkeneer, le quatrième Roi des Belges avait, avant de mourir, marqué son opposition formelle à la présence du cardinal à ses funérailles. Finalement, Suenens y était mais n’avait pas pu distribuer la communion car on craignait un incident

Christian Laporte

On a appris le décès à Bruxelles, fin août, de Claude de Valkeneer. Son nom n’évoque plus grand-chose sans doute ; pourtant, grâce à ce diplomate de haut vol, le Palais royal est entré dans la modernité sur le plan de la communication, qu’il devait, du reste, assurer pendant 30 ans avant d’être mis à l’écart, certains ayant affirmé qu’il avait été limogé pour son homosexualité. Il y a cependant fort à parier que son trop grand franc-parler et ses contacts avec "Pan", qu’il tuyautait, n’y furent certainement pas étrangers. Après la Question royale, il fut nécessaire d’huiler les rouages de l’information palatiale. La mission fut confiée à Claude de Valkeneer, alors attaché de presse et attaché culturel à l’ambassade belge de Paris. Sa tâche ne fut pas de tout repos : il y avait alors deux Rois, la princesse Lilian et moult princes et princesses. Il fallait aussi démentir en permanence la trop grande proximité entre le tout jeune roi Baudouin et ses parents. Et ce fut encore de Valkeneer qui répara deux gaffes papales. Jean XXIII avait émis le vœu de marier Albert et Paola à Rome mais c’était impossible dans le contexte de l’époque Le Pape annonça aussi prématurément la grossesse de la reine Fabiola. Claude de Valkeneer ne cacha jamais sa sympathie pour le roi Baudouin qui lui avait avoué qu’il n’était pas un crack. Par contre, le conseiller de presse avait une dent contre le cardinal Suenens qui, selon lui, avait fait du Roi "un fétu de paille balayé par le souffle de l’Esprit Saint". Ce qui ne l’aida pas : le Roi souffrit de l’absence de réels contacts sociaux et il en résulta qu’il fut toute sa vie sur ses gardes face au "beau linge" mais à l’aise avec les humbles. Dans ses souvenirs, de Valkeneer alla plus loin encore en rapportant comment un gouffre se creusa entre Baudouin et Léopold III. Incroyable mais vrai : ce dernier ne fut averti des fiançailles de son fils que le jour de l’annonce à Ciergnon ! Ici aussi, le cardinal Suenens aurait joué un rôle néfaste, ce que Léopold III ne pardonna jamais au prélat. Selon de Valkeneer, le quatrième Roi des Belges avait, avant de mourir, marqué son opposition formelle à la présence du cardinal à ses funérailles. Finalement, Suenens y était mais n’avait pas pu distribuer la communion car on craignait un incident