Les formations d’extrême droite jouent leur survie politique

Sale temps pour l’extrême droite en Belgique C’est carrément la survie des différentes formations de ce courant politique qui se joue lors des élections du 14 octobre. Au Nord comme au Sud du pays Mais pour des raisons très différentes. " A Bruxelles et en Wallonie, l’ancien FN a disparu de toutes les assemblées depuis 2009 à l’exception du niveau communal et provincial ", explique Manuel Abramowicz, animateur de Résistances, l’Observatoire de l’extrême droite.

F.C.

Sale temps pour l’extrême droite en Belgique C’est carrément la survie des différentes formations de ce courant politique qui se joue lors des élections du 14 octobre. Au Nord comme au Sud du pays Mais pour des raisons très différentes. " A Bruxelles et en Wallonie, l’ancien FN a disparu de toutes les assemblées depuis 2009 à l’exception du niveau communal et provincial ", explique Manuel Abramowicz, animateur de Résistances, l’Observatoire de l’extrême droite.

Plic-ploc, on retrouve bien des listes du FN belge dans le Hainaut (à Charleroi notamment) et de ses dissidences ou formations sœurs telles que "Démocratie nationale" ou encore "Wallonie d’abord". Il ne devrait donc pas y avoir une "marée brune" prochainement tant l’éclatement de ses forces plombe l’extrême droite. " Ce scrutin est d’autant plus difficile pour l’extrême droite que pour mener une campagne pour les élections locales, un parti doit pourvoir se reposer sur des sections fortes et bien organisées , précise Manuel Abramowicz. Or, la désorganisation générale de l’extrême droite, éclatée en FN et autres pseudopodes, la prive de cette assise locale. C’est en effet beaucoup plus facile pour l’extrême droite de défendre un programme à l’échelle de circonscriptions plus vastes comme sur tout le territoire wallon par exemple. Beaucoup de listes n’ont pas pu être déposées et approuvées localement faute de candidats "

Si l’offre politique est quasiment nulle, la "demande" électorale est pourtant toujours bien là. Il manque juste un leader charismatique ou une formation qui l’emporterait sur les autres et qui polariserait les forces autour d’elle. " Dans le dernier sondage de "La Libre", le FN était en effet à plus de 6 % à l’échelle de la Wallonie, ça veut dire qu’il aurait des élus. Donc, attention : les mauvaises perspectives pour la prochaine échéance électorale sont avant tout un paradoxe car le contexte socio-économique est très favorable à l’extrême droite actuellement. D’ailleurs, Marine Le Pen aurait fait 12 % des voix en Wallonie "

Où l’extrême droite francophone pourrait-elle tout de même percer ? Elle est traditionnellement forte surtout dans les bassins industriels. " Pas tellement à Liège mais plutôt dans le Hainaut , nuance Manuel Abramowicz. Liège est un fief historique de l’extrême droite depuis les années 80 mais essentiellement au niveau de la réflexion idéologique et intellectuelle. Mais elle n’y a jamais vraiment réussi électoralement. A Liège-Ville, par exemple. Les succès électoraux étaient situés sur l’axe La Louvière/Charleroi/Mons en termes de nombre de voix. Charleroi, c’est un peu l’eldorado de l’extrême droite Ce n’est pas un hasard si Mischaël Modrikamen a pensé un temps s’y domicilier ." Où la galaxie de micropartis pourrait-elle puiser des voix ? Plutôt au sein des électeurs PS. Mais aussi au sein de la droite "classique".

Et en Flandre ? Le Vlaams Belang (VB) est également en mauvaise posture, mais c’est surtout lié à la réussite de la N-VA. "A Anvers, le VB passe de 30 % à 10 % des voix, c’est énorme Depuis l’arrivée de Bart De Wever et l’émergence de la N-VA, la migration de voix de l’un vers l’autre est très importante. Et les pertes de voix attisent les conflits internes au Vlaams Belang On assiste aussi à une migration de cadres, de responsables et d’élus vers la formation des nationalistes flamands."

Ce phénomène est d’autant plus important qu’au sein du Vlaams Belang, on se rend compte qu’un passage à la N-VA serait un bon moyen de contourner le relatif isolement dans lequel l’extrême droite flamande est tenue depuis les années 80 grâce au "cordon sanitaire". Le N-VA est en effet beaucoup plus susceptible que le VB de rentrer dans des majorités locales en octobre prochain

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