En 2011, les routes ont tué 858 fois

Le bilan des victimes des accidents de la circulation survenus en 2011 est connu avec précision. Le SPF Economie vient de les publier. Ils affinent les estimations qui avaient déjà été publiées en mars dernier par l’Institut belge de la sécurité routière (IBSR). Pour la première fois depuis 2001, ils font état d’une hausse des tués sur les routes. Il y a ainsi eu 858 "tués 30 jours", à savoir 858 personnes décédées sur place ou endéans les 30 jours suivant la date de l’accident. C’est une hausse, légère toutefois : on en avait compté 840 pour l’année 2010.

J. La.

Le bilan des victimes des accidents de la circulation survenus en 2011 est connu avec précision. Le SPF Economie vient de les publier. Ils affinent les estimations qui avaient déjà été publiées en mars dernier par l’Institut belge de la sécurité routière (IBSR). Pour la première fois depuis 2001, ils font état d’une hausse des tués sur les routes. Il y a ainsi eu 858 "tués 30 jours", à savoir 858 personnes décédées sur place ou endéans les 30 jours suivant la date de l’accident. C’est une hausse, légère toutefois : on en avait compté 840 pour l’année 2010.

La tendance est la même pour le nombre de blessés graves : on en a répertorié 6163 pour l’année 2011. Un blessé grave est une personne blessée dans un accident de la circulation et dont l’état nécessite une hospitalisation de plus de 24 heures. En 2010, il y en avait eu 5982.

Serait-ce là une rupture dans la tendance baissière du nombre de morts et de blessés graves sur les routes ? Pas sûr. Depuis 2001, la baisse était continue : chaque année le nombre de victimes diminuait. En 2001, on avait ainsi enregistré 1486 morts sur les routes et 8949 blessés graves. Soit, grosso modo, deux fois moins qu’en 1973.

La baisse enregistrée au cours de la décennie était particulièrement notable. Par rapport à l’année 2000, elle était de 44 % pour les morts et de 48 % pour les blessés graves. Ce qui était sous l’objectif fixé par les Etats généraux de la sécurité routière qui visait à diminuer de moitié les accidents mortels. Cette baisse n’était toutefois pas uniforme : depuis 2005, les nombres de blessés graves et de blessés légers ne montrent presque plus aucune évolution à la baisse.

Mince consolation, étant donné que le nombre de kilomètres parcourus en 2010 par rapport à 2000 de référence (+12%), le risque de décès (nombre de tués sur la route par milliard de kilomètres parcourus) avait diminué.

L’Institut belge de la sécurité routière estime qu’il est encore un peu tôt pour interpréter l’augmentation enregistrée en 2011. "Nous avions déjà réalisé une estimation en mars dernier : elle faisait état de 875 morts sur les routes alors qu’elle est effectivement de 858 morts", soit 18 de plus que pour l’année 2010, tempère Benoît Godart, porte-parole de l’IBSR.

Il est réticent à les comparer : "Nous essayons toujours d’éviter de comparer une année par rapport à la précédente. A plus long terme, la diminution est toutefois conséquente : c’est l’élément le plus important." Et de relever que 2010 avait connu une forte diminution de morts sur les routes : 840 morts contre 943 un an plus tôt. "Cela était notamment dû - même si cela n’est pas la seule raison - au fait que l’on avait connu un début d’hiver très rude avec des mois de novembre et décembre très neigeux." Ce qui diminue le nombre de voitures sur les routes et le nombre d’accidents. Mieux vaut donc analyser les tendances à plus long terme.

L’IBSR analysera dans les prochaines semaines les chiffres 2011 afin de voir où le bât blesse. Il faut ainsi ventiler en fonction du type d’usagers et des tranches d’âge.