Cours philosophiques: un PS "prêt à avancer"

Le Parti socialiste a affirmé sa disponibilité à participer à l'élaboration d'une proposition concernant les cours dits philosophiques à l'école, pour autant que la démarche philosophique y soit centrale.

Cours philosophiques: un PS "prêt à avancer"
BELGA

Le Parti socialiste a affirmé sa disponibilité à participer à l'élaboration d'une proposition concernant les cours dits philosophiques à l'école, pour autant que la démarche philosophique y soit centrale. Il a fait cette annonce, lors d'auditions mardi au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur le projet de tronc commun de la ministre de l'Enseignement obligatoire Marie-Dominique Simonet. Le débat, relancé depuis que la ministre cdH a présenté son projet en février dernier, s'était enlisé lors des précédentes auditions à la mi-octobre, lorsque le PS a réclamé davantage de réflexion.

Les socialistes s'interrogent sur l'opportunité d'ouvrir une discussion qui risque d'accentuer les divisions ainsi que sur la faisabilité juridique du projet, vu la Constitution et l'exclusivité des chefs de culte à définir le contenu des cours de religion. S'interrogeant sur la volonté des uns et des autres d'aboutir, Yves Reinkin (Ecolo), avait proposé une méthode participative, en demandant aux enseignants de s'exprimer pour trouver un "dénominateur commun".

Partisan de longue date de l'instauration d'un cours de philosophie à l'école, Richard Miller (MR, opposition) a pour sa part souligné mardi que si la majorité (PS-Ecolo-cdH) ne s'accordait pas sur un projet, il demanderait le vote sur sa proposition de décret. Pour clarifier le débat juridique, Julie De Groote et Marc Elsen (cdH) ont sollicité l'audition d'un juriste, ce à quoi Christian Dupont (PS) a répondu par une demande similaire, "les avis des juristes étant parfois contrastés". Ces deux juristes seront entendus le 27 novembre prochain.

La Déclaration de politique communautaire de l'Olivier évoque l'étude de la mise en place d'un module d'initiation à la citoyenneté commun à tous les élèves, en complément de l'enseignement des cours de morale et de religion. "Le PS est prêt" à participer à l'élaboration d'une proposition, mais la démarche philosophique devra y être centrale et essentielle, a souligné Françoise Fassiaux (PS), accueillant les encouragements de M. Miller pour qui ce débat ne doit plus "durer des mois".

C'est qu'il y a urgence pour renforcer le dialogue, a-t-il assuré, rejoignant Yves Reinkin qui avait cité les cas d'une élève à Verviers menacée par des consoeurs parce qu'elle avait critiqué Sharia4Belgium, ou encore la récente polémique aux relents islamophobes sur le sapin de Noël de la Grand-Place de Bruxelles. Marc Elsen (cdH), lui, a insisté sur la nécessité de sortir d'un rapport de force qui n'aboutit qu'à une neutralisation stérile.

Inspecteur pour la religion catholique, Michel Desmedt a assuré que les référentiels de compétences prévoyant une partie commune sur les trois axes définis dans le projet ministériel (questionnement philosophique, dialogue interconvictionnel et éducation à une citoyenneté active) seraient présentés "assez vite" en ce qui concerne la religion catholique. Partisan du tronc commun, il a été soutenu dans son intervention par Salah Echallaoui, inspecteur pour la religion islamique, et Armand Benizri, son homologue pour la religion israélite, preuve que les représentants des religions "ont pu mettre de côté des choses qui les séparent", a estimé Mme Simonet.

Michèle Coppens, inspectrice pour la morale non-confessionnelle, a souligné qu'à ses yeux, le tronc commun, s'il est enseigné de manière séparée au sein des cours dits philosophiques, s'avérerait insuffisant pour rassembler et assurer la distance critique. Elle a appelé à prendre le temps de la réflexion.

Concédant que son projet ne pouvait plaire à tout le monde, Mme Simonet a répété qu'il était "évolutif" mais a insisté sur l'urgence de profiter du "momentum" qui se présente pour avancer sur ce qu'il est possible de réaliser.

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