"Le Standard a montré l’exemple"

A la lumière d’un documentaire de la VRT, un sujet s’est réinvité dans l’actualité: celui de l'argent noir dans le football. Vous aviez conservé une certaine naïveté ?

FOOTBALL

A la lumière d’un documentaire de la VRT, un sujet s’est réinvité dans l’actualité: celui de l'argent noir dans le football. Vous aviez conservé une certaine naïveté ?

Je suis maintenant dans le football depuis un certain temps. Et je ne vais jamais cacher que j’ai vu et entendu un certain nombre de choses. Mais je ne suis pas là pour prendre la place des autorités compétentes sur ces dossiers. J’ai tout de même la très nette impression que ces questions ne pourront plus être escamotées. Le reportage les a remises en surface et des évolutions vont nécessairement se produire.

A quelle évolution de fond pensez-vous ?

Je pense que ce système d’argent noir met le sort des petits clubs en question. Je parle essentiellement des divisions inférieures. A terme, un tas de petits clubs sont voués à disparaître ou à fusionner. Tout ce système tenait parce qu’il était encore prestigieux il y a peu d’être le président d’un club, comme l’on se targuait d’être le médecin de village. Mais en voyant que le public ne suit plus, que les gens préfèrent regarder d’autres matchs ou des sommets à la télé, ces gens doivent se remettre en question.

Mais le problème de l’argent noir ou plus largement de la rentabilité des clubs ne concerne pas que les équipes provinciales.

C’est vrai qu’il y a quelque chose de très aléatoire dans l’économie du football professionnel. On voit bien qu’au niveau européen, la perte globale des clubs se chiffre à 1,5 milliard d’euros. Mais vous me permettrez d’ajouter un bémol : les clubs belges sont parmi les meilleurs élèves de la classe européenne.

Ce qui n’empêche personne de se demander si le Standard vous rapporte de l’argent.

Je dirais simplement que le football ne peut certainement pas se ramener à une affaire de rentabilité.

Il n’en reste pas moins que personne ne s’inquiète pour l’avenir financier de vos joueurs ou plus précisément du gratin du football mondial. Avec cette question un peu démagogique : jusqu’à quand faudra-t-il attendre pour plafonner ces salaires fous ?

Sur le principe, je n’y suis pas opposé. Maintenant, on touche aussi au principe de réalité. Dans les faits, il me semble impossible de réguler les salaires des joueurs. Si l’on se met demain à fixer un plafond financier, on risque de jeter les bases d’un système de paiement beaucoup plus opaque. Pour rémunérer un joueur comme il le voudrait, on aboutira par exemple à offrir un salaire à son épouse. Salaire qui compensera la perte qu’il aura connue sur son propre contrat. Je vous rappelle par ailleurs que personne ne s’émeut des salaires mirobolants de certains acteurs. C’est étonnant. Pour résumer, il faudra presque dire que la loi de l’offre et de la demande continue simplement de jouer.

Dans l’actualité, on ne peut passer non plus à côté d’un regain de violence. La mort d’un arbitre néerlandais en a témoigné.

C’est quelque chose qu’on doit purement éradiquer. En interdisant de stade certains supporters, le Standard a montré l’exemple. Mais il faut aussi se méfier des constats précipités : il n’y a pas dans les chiffres de montée de la violence.