Di Rupo: "Un discours humaniste et généreux"

Le Roi a-t-il été trop loin ? La polémique enfle en Flandre, mais le constitutionnaliste francophone entend calmer le jeu. Le Premier ministre Elio Di Rupo a également réagi.

Belga
Di Rupo: "Un discours humaniste et généreux"
©Photonews

Le Roi a prononcé un discours qui entre "parfaitement" dans le cadre de ses prérogatives, selon le constitutionnaliste et sénateur cdH Francis Delpérée.

"Il y a une fonction traditionnelle qui est reconnue au Roi, celle d'avertir, par exemple contre les dangers du populisme et du séparatisme", a-t-il expliqué à l'agence Belga. Son discours "répond parfaitement" à cette fonction, d'après lui.

Le Roi "ne peut pas tolérer la stigmatisation systématique d'une communauté par une autre", a ajouté M. Delpérée.

Dans son discours de Noël, le Roi a mis en garde contre la montée du populisme. , a-t-il déclaré.

Cette mise en garde, en laquelle beaucoup voient une référence à la N-VA, est mal passée dans certains milieux flamands. La presse du nord du pays relayait mercredi de nombreux commentaires défavorables, dans les rangs de la N-VA, mais aussi dans le monde académique.

Interrogé par Belga, le professeur des facultés universitaires Notre-Dame de la Paix de Namur Hendrik Vuye, étiqueté N-VA, a appuyé ces critiques. "Une monarchie avec un roi-politique ne peut plus continuer à exister. Le roi Albert est allé beaucoup trop loin avec son discours de Noël", a-t-il dit.

"En fait, le Roi n'a pas respecté la loi. Selon les lois belges, il doit être complètement neutre, ce qui signifie qu'il ne peut pas exprimer ses opinions", a ajouté M. Vuye, selon qui le Premier ministre Elio Di Rupo aurait dû rappeler le Souverain à l'ordre.

Un discours pour réfléchir ensemble aux difficultés du pays

Le Premier ministre Elio Di Rupo a également réagi au discours du souverain dans les colonnes de Sudpresse. Selon lui, "le Roi a formulé dans son discours de Noël des messages humanistes, généreux et à portée universelle."

M. Di Rupo ajoute que le Roi Albert II "a souhaité que l’on réfléchisse ensemble à l’attitude à tenir face aux difficultés économiques et aux pertes d’emplois. L’emploi est d’ailleurs sa principale préoccupation."

Il déclare également qu'aucune formation politique en particulier n'était visée, mais qu'il s'agissait d'inviter les citoyens à "se montrer lucides face aux discours populistes qui désignent des boucs émissaires à la crise". Un type de discours de plus en plus présent chez nos voisins européens.

"Que le Roi s’autorise à attirer l’attention de ses concitoyens est une attitude que l’on peut aisément comprendre de la part du chef de l’Etat", estime également le Premier ministre.

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