Populisme fasciste : Peeters renvoie dos à dos Elio Di Rupo et Bart De Wever

Jusqu’ici, Kris Peeters, le ministre-Président flamand CD&V n’avait pipé mot du discours royal de Noël, ni de la désormais très controversée allusion aux années 30 faite par Albert II, où ce dernier évoquait bien évidemment autant les nationalistes flamands que les rexistes essentiellement francophones.

Christian Laporte

Jusqu’ici, Kris Peeters, le ministre-Président flamand CD&V n’avait pipé mot du discours royal de Noël, ni de la désormais très controversée allusion aux années 30 faite par Albert II, où ce dernier évoquait bien évidemment autant les nationalistes flamands que les rexistes essentiellement francophones.

Du côté de la N-VA, on espérait peut-être secrètement que ce grand zélateur d’une coalition flamande avec le parti nationaliste aille dans sa direction et réclame aussi au plus vite une révision des pouvoirs royaux.

Il n’en est rien Pour le moment. Interviewé vendredi dans "De Ochtend" (VRT), Kris Peeters a dit attendre du Premier ministre fédéral Di Rupo (PS) que ce dernier précise pourquoi il n’a pas écarté du discours cette phrase qui ne pouvait que susciter des remous du côté flamand.

"Je trouve que ce renvoi aux années 30 n’était pas très intelligent et le Premier ministre en porte la responsabilité politique "

Et de préciser que lorsqu’il a entendu le discours, il s’est immédiatement fait la réflexion que cela entraînerait des problèmes "Je regrette d’avoir eu raison car selon moi un tel message doit refléter au contraire une bonne entente et une certaine confiance."

Cela dit, Kris Peeters ne nie pas que "le populisme est un problème présent partout en Europe mais Elio Di Rupo aurait dû barrer la référence au nazisme et au fascisme des années 30" .

Le Premier flamand attend dont des explications à ce sujet mais n’en défend pas pour autant les réactions de la N-VA ! "Il n’était pas très intelligent de la part de Bart De Wever de se référer à Léopold III. Cette réaction-là n’avait pas une grande valeur ajoutée non plus !"

Pas une priorité !

Quant à l’avenir de la monarchie, Peeters botte ici aussi en touche. "Faut-il changer les prérogatives royales ? Je pense qu’on peut mener un tel débat mais est-ce vraiment le moment de le faire ? Les temps sont très difficiles et je ne pense pas que beaucoup de citoyens considèrent ce sujet comme prioritaire. La population attend bien d’autres décisions de la part du monde politique en ces temps de crise " Cela dit, il a encore fait remarquer à notre confrère Xavier Taveirne "que l’on peut de fait imaginer diverses formules pour former un gouvernement" .

Et de renvoyer à ce qui se passe déjà au niveau des entités fédérées où le Roi n’intervient pas et se contente d’acter la formation des gouvernements en recevant la prestation de serment des ministres-Présidents.

Bref, pour Kris Peeters, "il faut veiller à éviter qu’un tel incident se reproduise dans le futur. Mais cela dépend bien évidemment du gouvernement fédéral et pas de notre niveau de pouvoir" .