Le CDH flaire le danger politique du décret Marcourt

La réforme de l’enseignement supérieur constitue visiblement un dossier extrêmement sensible pour le CDH, un décret inscriptions bis. Le parti se refuse d’ailleurs à tout commentaire officiel. Mais qu’est-ce qui coince ?

Le CDH flaire le danger politique du décret Marcourt
©Christophe Bortels
M. Co.

La réforme de l’enseignement supérieur constitue visiblement un dossier extrêmement sensible pour le CDH. Le parti se refuse d’ailleurs à tout commentaire officiel alors que les réunions visant à amender le texte proposé par le ministre Marcourt allaient toujours bon train mercredi. Qu’est-ce qui coince ?

D’abord la crainte, évoquée clairement en bureau politique, de revivre un épisode similaire à celui du décret inscription en vigueur dans l’enseignement secondaire. Le CDH, quoi qu’il en dise, fait l’analyse que ce décret, dont a hérité sa ministre Marie-Dominique Simonet, a représenté un coût électoral. En cause, l’autonomie des établissements scolaires qui constitue un principe de base de tous les relais du CDH dans le monde de l’enseignement. C’est pour un motif comparable que les humanistes se méfient très fortement de l’Académie (l’Ares) créée par le décret Marcourt. Plus exactement, du rôle que l’avant-projet du socialiste entend lui donner. Le CDH souhaite imposer à cette institution un rôle exclusif de concertation et de collaboration (pour résumer), craignant de voir cet organe devenir une sorte de chaperon qui dicterait certains de leurs choix aux universités et hautes écoles.

Deuxième problème - de taille - l’UCL et son exclusion du pôle bruxellois. On le sait, le rectorat de l’université catholique de Louvain est le seul a se plaindre de cette division géographique, avec certaines hautes écoles qui craignent pour leur collaboration historique avec l’UCL. Cette séparation entre Bruxelles et le Brabant wallon "donnerait une mauvaise image de la Fédération", souffle-t-on au CDH alors que le débat sur l’avenir de l’institution francophone s’intensifie. Au CDH, on n’imagine pas que l’UCL devienne une université "provinciale", vu son rayonnement international. Par ailleurs, le CDH ne croit guère à l’importance que les facultés Saint-Louis prendraient au sein d’un pôle bruxellois. Certains humanistes raillent même la "grande naïveté" des facultés Saint-Louis face à l’ULB qui dominerait de facto le paysage universitaire bruxellois. Selon certains échos, le CDH réclame donc la suppression d’un des cinq pôles en vue de garantir l’insécabilité de Bruxelles et du Brabant wallon dans le paysage universitaire.

On l’aura compris, le CDH craint pour son pilier historique et souhaite éviter à tout prix que ce décret ne sonne comme un renoncement par rapport au principe fondateur de la démocratie chrétienne.

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