Le satyre de Facebook identifié

L’enquête n’aura pas traîné : la police anversoise a identifié la personne qui avait cloué au pilori des dizaines d’adolescentes flamandes sur un profil Facebook au nom sans équivoque "Antwerpse Hoeren" ("Putes anversoises").

J. La.
Le satyre de Facebook identifié
©Christophe Bortels

L’enquête n’aura pas traîné : la police anversoise a identifié la personne qui avait cloué au pilori des dizaines d’adolescentes flamandes sur un profil Facebook au nom sans équivoque "Antwerpse Hoeren" ("Putes anversoises"). Et ce n’est qu’une demi-surprise : il s’agit d’un adolescent de quinze ans.

Ce profil était apparu le 1er janvier. Il reprenait des dizaines de photos d’adolescentes, avec un regard aguicheur, une moue suggestive ou encore un simple décolleté. Une Anversoise de 15 ans, très active sur internet, avait la première donné l’alerte. Intriguée en suivant le chat de deux amies, elle avait découvert sa photo. Avec, en bas de page, des dizaines de commentaires, pour la plupart obscènes et dénigrants.

Le lendemain, elle en avait parlé à ses parents. Ils avaient décidé de porter plainte à la police d’Anvers qui lui avait appris qu’elle n’était pas la seule. Plusieurs dizaines de plaintes ont été déposées dans la foulée. Ces pages avaient été visitées par des milliers d’internautes qui avaient marqué leur support en cliquant sur le bouton "Like".

Facebook avait bloqué la page. Mais il était trop tard : d’autres profils avaient été créés par d’autres personnes sur le même thème. Seul changeait le nom de la ville : Turnhout, Bruges, Hasselt, Zelzate ou Bruxelles.

Les photos qui y étaient postées provenaient des profils Facebook des victimes, copiées par des "amis" qui se comptent parfois par centaines pour des adolescentes. Celles-ci postent régulièrement des photos un peu osées, comme pour affirmer leur féminité. Et elles ont été détournées. Beaucoup de ces jeunes filles, qui ont un âge où l’avis et le regard du monde extérieur comptent beaucoup, étaient particulièrement choquées. D’autant que leur nom figurait bien souvent sous les photos.

Jeudi, la personne qui a lancé ce premier site anversois, a été entendu. Il était considéré comme le créateur de certains de ces profils. Il a reconnu qu’il était bien à l’origine du premier profil. Il a été présenté au juge de la jeunesse qui a pris à son égard "une mesure de protection de la jeunesse adaptée", se borne à dire le parquet d’Anvers car, à 15 ans, il est mineur, tout comme ses victimes.

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