Réforme Marcourt: un accord accueilli sans grand enthousiasme...

Suite à l’accord survenu ce jeudi matin au sujet de la réforme du paysage de l’enseignement supérieur, les universités et hautes écoles n’ont pas tardé à réagir.

Réforme Marcourt: un accord accueilli sans grand enthousiasme...
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Al.D.

Suite à l’accord survenu ce jeudi matin au sujet de la réforme du paysage de l’enseignement supérieur, les universités et hautes écoles n’ont pas tardé à réagir.

C’est ainsi que le recteur de l’UCL, Bruno Delvaux - principal opposant à l’ancienne mouture du projet ministériel - n’a pas hésité à convier la presse ce jeudi après-midi pour manifester son soulagement au regard de l’accord intervenu en matinée. "Cet accord maintient l’autonomie universitaire, la liberté d’enseignement et celle d’association. Il respecte l’intégrité de chaque institution", a ainsi résumé Bruno Delvaux. Et le même de se réjouir de la mise en place de trois zones académiques "interpôles", particulièrement de celle de Bruxelles-Brabant wallon, où les "deux plus grandes universités francophones, l’ULB et l’UCL, travailleront davantage ensemble. Louvain-la-Neuve, dans vingt ans, sera intégrée dans la région métropolitaine du grand Bruxelles ", a-t-il fait observer. Le recteur louvaniste s’est dit également rassuré "par le fait que les cinq pôles soint réservés à des compétences de proximité."

Quant aux nouvelles habilitations pour les universités, " elles devraient être proposées par les zones académiques, puis faire l’objet d’un avis par l’Ares, avant décision au gouvernement". A cet égard, "rien ne change fondamentalement", a terminé M. Delvaux.

Du côté des autres recteurs, on se dit globalement "soulagés" qu’un accord politique ait été trouvé sur la question, même si on se dit "peu enthousiastes" à l’idée de voir se superposer une troisième couche (interpôles) aux deux premières (Ares et pôles). D’un recteur à l’autre, les interprétations varient.

"Evitons de faire croire que l’on va ajouter une troisième couche aux deux premières. Les trois ‘interpôles’ favorisent seulement davantage d’interconnectivité entre certains établissements, dans certaines matières", a insisté Didier Viviers, recteur de l’ULB. Son homologue liégeois,Bernard Rentier, va dans le même sens. "Bon, on a compris, ces zones ‘interpôles’, c’est bien gentil. De toute façon, en ce qui concerne l’ULg, cela ne va pas changer grand-chose. Cela s’inscrit dans le prolongement des relations que nous avons déjà avec Namur et la province du Luxembourg." Le recteur de l’UMons, Calogero Conti, s’est dit pour sa part "dubitatif" face à ce compromis politique. "Je ne comprends vraiment pas pourquoi on vient encore alourdir la structure. Pourquoi les pôles ne pourraient-ils pas émettre des avis relatifs aux habilitations ? Ce ne sont, pas définition, que de avis !" A l’UNamur, Yves Poullet s’est dit soulagé qu’un accord ait été trouvé, tout en réinsistant sur le fait que les pôles et interpôles ne pouvaient être en aucun cas des lieux de pouvoirs. Quant à Jean-Paul Lambert de l’Université Saint-Louis, il s’est dit rassuré devant la conclusion d’un tel accord, tout en s’interrogant sur la lourdeur d’une telle structure. Les représentants des hautes écoles de l’enseignement libre se sont dits globalement satisfaits de l’accord, tandis que ceux de l’officiel ont émis quelques réserves, notamment sur la question des habilitations dans l’enseignement de type court, désormais dans le giron des interpôles.

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