Cigogne 3 : Picqué conteste les chiffres

Charles Picqué (PS) ministre-Président de la Région bruxelloise, critique la méthode du ministre Jean-Marc Nollet (Ecolo) dans l’élaboration du troisième plan Cigogne, qui doit passer aujourd’hui en gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Il s’en explique.

Mathieu Colleyn
Cigogne 3 : Picqué conteste les chiffres
©Photo News

Charles Picqué (PS) ministre-Président de la Région bruxelloise, critique la méthode du ministre Jean-Marc Nollet (Ecolo) dans l’élaboration du troisième plan Cigogne, qui doit passer aujourd’hui en gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ("La Libre" de mercredi). Il s’en explique.

Vous avez réclamé l’élaboration de ce plan. Qu’est ce qui vous dérange dans ce que va présenter le ministre Nollet ?

Les principes sont bons, notamment la prise en compte du boom démographique. Mais il y a deux problèmes. La concertation et les données de base qu’on utilise pour quantifier la répartition des places. Le 11 janvier j’avais dit qu’il était urgent que la Fédération adopte une programmation en matière de crèches, mais je crois que le plan qui est annoncé montre qu’il faut des clarifications. Je rappelle que 50 % de ces politiques sont assurés financièrement par les Régions via les bâtiments et les emplois subsidiés.

Qu’est ce qui coince exactement au niveau de la concertation ?

Il y a un gouvernement conjoint le 7 février. Je ne comprends pas très bien pourquoi les questions qui ne sont pas tranchées ne sont pas débattues le 7. Il faut des clarifications, voire des corrections.

C’est-à-dire ?

Le taux de couverture utilisé, 37,52 % pour la Région bruxelloise, est surévalué. Il faut rappeler le décret adopté par la Communauté flamande qui va limiter l’accès des francophones aux crèches néerlandophones. Beaucoup de francophones y mettaient leurs enfants. Ensuite, dans les crèches privées Kind&Gezin, qui représentent 54 % des crèches privées à Bruxelles, les conditions d’agrément vont être renforcées, ce qui va entraîner des fermetures. Deuxièmement, le plan ne prend pas en compte le fait que 15 % des places en crèches à Bruxelles sont occupées par des enfants de navetteurs. Troisièmement, la proportion de crèches qui pratiquent une tarification en fonction de la situation financière des parents n’atteint que 18 % dans la Région. Ce qui est un taux plus faible que dans le reste de la Fédération. Toujours avec ce sentiment que la pauvreté c’est la Wallonie et pas Bruxelles ! C’est une erreur. Autre problème un plan de création de places soutenu par la Région est lancé. Rien ne dit qu’elles entreront dans le plan ce qui pourrait causer des problèmes de fonctionnement et d’agrément.

Cinq mille places, c’est donc insuffisant ?

Il en faut plus, certainement. C’est un plan qui souffre de défauts qu’il aurait fallu examiner dans une véritable concertation. Sinon on risque de créer un nid à problèmes. C’est un test pour la crédibilité de la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est dommage que ce plan soit présenté de manière précipitée. Ce n’est pas un caprice, nous sommes partenaires.