Fabiola, "très atteinte", renonce à sa fondation

Elle dit regretter que la fondation ait suscité des "incompréhensions et des réactions négatives ". Fabiola ajoute : " J’en suis profondément atteinte."

Fabiola, "très atteinte", renonce à sa fondation
V.d.W.

Épilogue

La reine Fabiola a décidé de renoncer à sa fondation "Fons Pereos". Elle demandera sa dissolution. Dans un communiqué transmis à l’agence Belga par son avocat, la Reine s’adressant à ses " chers compatriotes " dit regretter que la fondation ait suscité des " incompréhensions et des réactions négatives ". Fabiola ajoute : " J’en suis profondément atteinte ."

Rappelons les faits. Le 9 janvier dernier, "Sud Presse" révèle que la reine Fabiola a créé, une fondation "Fons Pereos" dont les statuts ont été publiés au "Moniteur" le 1er octobre 2012. Ces statuts précisent les objectifs de "Fons Pereos" :

-philanthropique (aider les membres de sa famille confrontés à des difficultés physiques, matérielles, psychologiques);

-historique et culturel : promouvoir les œuvres et la mémoire de la Reine et de feu son mari, le roi Baudouin;

-fraternel : aider la Fondation Astrida, constituée par Baudouin;

-religieux : encourager les institutions catholiques.

Très vite, l’attention se concentre sur trois aspects. Tout d’abord, d’aucuns soupçonnent la Reine de "cagnotter" sa dotation et de loger dans cette fondation le "trop perçu". Ensuite, le fait de réserver le bénéfice cette fondation à "des descendants biologiques en ligne directe des neveux et nièces, issus d’un premier mariage religieux catholique ", suscite des questions et interrogations. Enfin, la technique de la Fondation pousse hommes politiques et observateurs à affirmer que la Reine cherche en fait à éviter les droits de succession.

S’ensuivent une série de cafouillages. Le Palais affirme n’être au courant de rien. Et l’entourage de la reine Fabiola, muet pendant 24 heures, apporte très tardivement des précisions quant aux raisons qui ont poussé la reine Fabiola à agir de la sorte.

" Atteinte par la polémique ", Fabiola met les choses au point. Elle assure qu’elle n’a jamais eu l’intention de mettre de l’argent de sa dotation dans sa fondation. Elle explique clairement que sa dotation ne sert qu’à payer les frais de sa Maison. Mais elle détient également un patrimoine privé, issu de sa famille et désire, grâce à cette fondation, aider ses neveux et nièces qui seraient dans le besoin. " J’ai conservé tous ces biens jusqu’à aujourd’hui pour pouvoir alimenter ma fondation. J’y mets l’argent de la vente de ces biens puisque je n’ai pas moi-même d’enfant en ligne directe ", assure Fabiola.

Mais très vite, un autre front s’ouvre. Il porte sur la hauteur de la dotation accordée, depuis le décès du roi Baudouin, à la reine Fabiola : 1 442 000 euros par an. Cette somme, précise l’entourage de la Reine, est entièrement consacrée à sa Maison. A son son personnel d’abord (85 % de sa dotation, soit quelque 90 000 euros par mois servent à payer les 25 personnes qui sont à son service) et l’entretien du château du Stuyvenbergh où elle vit.

Les réactions, politiques et populaires, restent vives. Dès lors, Elio Di Rupo propose d’anticiper l’application des recommandations du Sénat concernant les dotations accordées à certains membres de la famille royale. Celle de Fabiola sera réduite dès 2013 : elle ne pourra plus dépasser celle de Philippe. Et l’ensemble des dotations devront à l’avenir être transparentes et soumises au contrôle du président de la Cour des Comptes. Une réflexion est en cours pour celles d’Astrid et Laurent. Le geste de la Reine (la dissolution de sa fondation) ne modifiera pas la révision des dotations. Le Premier ministre, Elio Di Rupo, s’est dit satisfait de la décision de Fabiola.

Hier, la Reine a reconnu qu’elle n’avait pas suffisamment pris en considération les effets politiques de son projet et que, soucieuse de garder l’unité, elle renonçait à son projet. " Depuis cinquante-deux ans et un mois, j’ai toujours cherché, et aujourd’hui encore, à servir ce pays que j’aime de tout mon cœur ", conclut Fabiola.

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