Albert II : "La famille royale doit en toutes circonstances donner l'exemple"

Alors que le débat sur les dotations royales a récemment concentré les attentions, le Roi Albert II prononce ses vœux de Nouvel an aux Corps constitués.

Albert II : "La famille royale doit en toutes circonstances donner l'exemple"
rédaction en ligne

C'est dans le climat sensible dominé par le débat sur les dotations octroyées à la famille royale que le Roi Albert II prononce, ce mardi, son traditionnel discours de Nouvel An. Le précédent discours du Roi, à Noël, avait suscité la polémique puisqu'il y avait mis en garde contre le populisme et avait fait référence aux années 1930.

Le roi Albert II n'a pas éludé le sujet qui fâche. Il a d'emblée déclaré que "la famille royale doit en toutes circonstances donner l'exemple". A mots-voilés, voilà un mea culpa pour la tentative de fondation de la Reine Fabiola, tout en admettant avoir été "peiné", et avoir reçu "une leçon d'humilité", face aux "événements familiaux du début du mois".

S'adressant aux "forces vives" du pays, il a appelé à ne pas empêcher "une certaine fierté nationale", même s'il "est bon de ne pas trop se prendre au sérieux".

Mais ses premiers mots sont allés aux ouvriers d'ArcelorMittal. "Je partage leur angoisse et celle de leurs familles, ainsi que leur amertume", a souligné Albert II.

Revenant sur les réalisations de ces douze derniers mois par le gouvernement fédéral, le souverain a rappelé les difficultés budgétaires et institutionnelles surmontées, et a appelé à "prendre de la hauteur" pour en mesurer l'ampleur "de façon objective".

"Sans doute sommes-nous une collectivité qui d'aucune manière n'est portée au chauvinisme, et qui trop facilement sous-estime ses propres réalisations. S'il est bon de ne pas trop se prendre au sérieux, cela ne doit pas empêcher une certaine fierté nationale lorsque de grands défis sont relevés avec succès", a commenté le Roi.

Le discours de confiance du Premier

Le Premier ministre Elio Di Rupo a jugé mardi, à l'occasion de la présentation des voeux de Nouvel an aux Corps constitués, que la Belgique ne vivait pas "une simple crise" conjoncturelle mais "un moment charnière de l'Histoire" au cours duquel "nous ne devons pas craindre les évolutions". Il a appelé au retour de la confiance, en "tournant la page des rancoeurs et des erreurs".

Les réponses à ces changements "doivent être innovantes, créatives, sources de progrès nouveaux pour nos citoyens et nos entreprises", a affirmé le chef du gouvernement sous les ors du Palais royal, évoquant notamment le marché du travail et les pensions.

Énumérant les nombreuses réformes engagées par le gouvernement fédéral, Elio Di Rupo a dit comprendre "très bien l'impatience d'un certain nombre de nos concitoyens face à la crise économique et financière", ainsi que leur indignation face aux conséquences sur leur vie quotidienne". Défendant la rigueur budgétaire et une relance de l'économie, il a souligné que la Belgique avait retrouvé sa place "dans le peloton de tête des pays européens" et retrouvé sa crédibilité internationale, avec notamment une croissance qui devrait cette année être proche de celle de l'Allemagne et supérieure à celles de la France et des Pays-Bas. La fermeture de Ford Genk ou l'annonce d'ArcelorMittal à Liège ont été pour lui l'occasion de rappeler ses expériences personnelles d'enfant né dans une région industrielle et sidérurgique où les habitants "ont uni leurs forces pour surmonter les coups durs".

Elio Di Rupo a appelé au retour de la confiance, citant Goethe: "si vous avez confiance en vous-mêmes, vous inspirerez confiance aux autres".

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