Les détenus restent plus longtemps en prison

A l’occasion de l’octroi d’une mesure de libération conditionnelle à Michelle Martin et, plus près de nous, quand Marc Dutroux a demandé au tribunal de l’application des peines de bénéficier d’un bracelet électronique, on a entendu dire ici et là que les libérations conditionnelles étaient trop facilement accordées en Belgique.

J.-C.M.

Étude A l’occasion de l’octroi d’une mesure de libération conditionnelle à Michelle Martin et, plus près de nous, quand Marc Dutroux a demandé au tribunal de l’application des peines de bénéficier d’un bracelet électronique, on a entendu dire ici et là que les libérations conditionnelles étaient trop facilement accordées en Belgique.

Une nouvelle étude, menée par deux chercheurs de l’Institut national de criminologie et de criminalistique, Eric Maes et Carrol Tange, démontre, une fois de plus, le contraire.

Cette étude, dont les résultats ont été publiés, jeudi, par "Het Belang van Limburg" et "Gazet van Antwerpen", montre que les détenus doivent purger des peines de plus en plus longues avant de pouvoir bénéficier d’une libération conditionnelle.

Quatorze mois et demi

En 2007, 1 174 détenus ont retrouvé la liberté : 64,2 % sous forme d’une libération conditionnelle, 35,8 % parce qu’ils étaient arrivés au bout de leur peine.

Quatre ans plus tard, soit en 2011, ce sont 1 401 détenus qui ont recouvré la liberté : 55,7 % étaient des libérés conditionnels, 44,3 % étaient allés à fond de peine.

Autre chiffre qui illustre, encore bien mieux d’ailleurs, la tendance : depuis 2007, en moyenne, les détenus dépassent de 14,5 mois le moment où ils pourraient, en théorie, bénéficier d’une mesure de libération conditionnelle. Au début des années 90, cette durée "supplémentaire" n’était que quatre mois et au début du siècle elle n’était "que" de dix mois.

Une précédente étude avait montré qu’en moyenne, les détenus libérés sous conditions ont purgé la moitié de leur peine quand ils sortent de prison alors qu’ils sont, en théorie, "admissibles" à sortir après avoir passé un tiers de leur temps de condamnation derrière les barreaux.

La principale explication à cet allongement du temps de détention avant la libération conditionnelle viendrait du fait que le tribunal de l’application des peines, opérationnel depuis le 1er février 2007, opte plus souvent pour la détention limitée (autorisation de quitter la prison en journée) et pour la surveillance électronique (au moyen d’un bracelet) comme préparation à la liberté conditionnelle.

Il apparaît également que le nombre de détenus qui purgent leur peine dans son intégralité augmente à nouveau. En 2006, 342 détenus ont été libérés après avoir effectué l’entièreté de leur peine. En 2011, ils étaient 620.