La viande de cheval en Belgique est "sous contrôle"

La fraude à la viande de cheval consiste pour son volet belge en une fraude administrative mais il n'y a actuellement aucune indication que la santé publique ait été mise en danger, a indiqué Johan Vande Lanotte.

Belga
La viande de cheval en Belgique est "sous contrôle"
©Johanna de Tessières

La fraude à la viande de cheval consiste pour son volet belge en une fraude administrative mais il n'y a actuellement aucune indication que la santé publique ait été mise en danger, a indiqué mercredi le ministre des Consommateurs, Johan Vande Lanotte.

Il n'y a aucune indication que des chevaux malades ou contaminés aux hormones aient abouti dans les assiettes des Belges, a-t-il ajouté.

Les carnets d'identification n'étaient pas corrects. La fraude met toutefois en question la manière dont l'AFSCA, l'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, a informé les autorités.

"On aurait dû avoir été informés plus tôt. Quand on l'a été, la maison-mère avait déjà retiré les produits", a fait observer M. Vande Lanotte (sp.a). Il assure que "les choses sont sous contrôle" et que les tests menés ces derniers jours n'ont démontré aucun problème.

La traçabilité et l'étiquetage ont bien fonctionné, pas l'informationµ

Les systèmes de traçabilité et d'étiquetage européens ont bien fonctionné dans l'affaire Spanghero de fraude économique à la viande de cheval estampillée viande de boeuf, mais l'information entre Etats a tardé, a déploré mercredi le ministre des Consommateurs Johan Vande Lanotte.

Quant à une autre affaire tout à fait distincte, instruite à Neufchâteau, les chevaux concernés n'étaient pas conformes non pas pour leur état sanitaire, mais en raison d'une fraude sur leur passeport, a précisé la ministre de l'Agriculture Sabine Laruelle. Dans les deux affaires, il n'y a aucune indication que la santé publique a été mise en danger.

Le suivi en Belgique de l'affaire Spanghero "mérite une évaluation très positive", a affirmé M. Vande Lanotte (sp.a), entendu à la Chambre par les commissions de l'Economie et de la Santé publique avec la ministre Laruelle (MR). Il a retracé la chronologie des événements et les contrôles, ciblés ou aléatoires, mis en oeuvre depuis.

"Des résultats de tests positifs ont été relevés sur des produits issus de la filière incriminée, mais pour les tests aléatoires sur des produits hors de cette filière, tous les résultats sont négatifs jusqu'à présent", a affirmé le ministre.

Toutefois, les échanges d'information entre Etats de l'Union européenne sur la fraude économique dans le secteur alimentaire ne se font pas assez rapidement lorsqu'ils n'impliquent pas de danger pour la santé publique, a-t-il regretté, disant espérer des améliorations à cet égard.

Le ministre a aussi regretté que les chaînes commerciales ayant identifié et retiré des produits maquillés n'aient pas averti les autorités rapidement.

Instructions ouvertes pour fraude à l'identification - Pas de risque pour la santé

Trois affaires "d'envergure" sont en cours d'instruction aux parquets de Neufchâteau, Termonde et Anvers autour de probables cas de fraude administrative dans l'identification de chevaux, annonce mercredi l'Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca). Les fraudes mises au jour par l'Agence sur le plan administratif n'ont cependant pas entraîné de risques significatifs pour la santé du consommateur, précise l'Afsca, après la publication d'articles affirmant que des centaines de chevaux impropres à la consommation ont fini dans les assiettes des Belges. "L'affaire évoquée par l'hebdomadaire Moustique est totalement distincte du scandale 'Spanghero' où de la viande de cheval a été substituée pour des raisons économiques à de la viande de bœuf", assure l'Afsca dans un communiqué.

L'Unité nationale d'enquête de l'Agence a mis au jour un problème en matière d'identification des chevaux (microchips et passeports). "Trois affaires sont en cours d'instruction et, conformément au secret de l'instruction, l'Afsca ne peut communiquer à ce sujet. Il s'agit essentiellement d'une falsification de passeports. Les informations publiées par l'hebdomadaire selon lesquelles la fraude administrative mise au jour démontre un risque pour les consommateurs et que des chevaux malades seraient entrés dans la chaîne en Belgique sont totalement incorrectes. Tout animal est expertisé à l'abattoir par les vétérinaires officiels et aucun animal malade ne rentre dans la chaîne. C'est ainsi qu'en 2011, 53 carcasses de chevaux ont été saisies à l'abattoir pour destruction et 51 en 2012", soutient l'Afsca.

L'Agence ajoute encore que, sur les analyses d'hormones, antibiotiques et divers résidus de médicaments, aucune n'était positive en 2011 et, en 2012, deux carcasses de chevaux néerlandais montraient de faibles traces de médicaments.

L'Afsca souligne que des problèmes d'identification de chevaux existent dans divers pays européens. "Un exposé exhaustif des irrégularités constatées avec des chevaux, principalement originaires des Pays-Bas mais aussi d'Allemagne, France... a été présenté par l'Afsca aux inspecteurs de l'Office alimentaire et Vétérinaire de la Commission européenne lors de leur visite des abattoirs belges de chevaux en février 2012."

Présence de viande de cheval dans des lasagnes en République tchèque

Les autorités sanitaires tchèques ont annoncé mercredi avoir découvert de la viande de cheval non déclarée dans des lasagnes surgelées, produites par la société Nowaco au Luxembourg. Les tests en laboratoire "ont révélé la présence de viande de cheval dans un échantillon" provenant d'un supermarché Tesco, a annoncé l'Autorité tchèque d'inspection agricole et alimentaire sur son site internet.

La viande de cheval non déclarée a été détectée dans deux exemplaires de lasagnes bolognaises Nowaco produites au Luxembourg et les inspecteurs "ont donné l'ordre au distributeur de retirer immédiatement du circuit ces produits".

La République tchèque vient ainsi s'ajouter à la longue liste de pays où de la viande de cheval non déclarée a été utilisée à la place de viande de boeuf dans des produits cuisinés.

Le gouvernement français a révélé l'existence d'une filière passant par cinq pays au moins: France, Luxembourg, Roumanie, Pays-Bas, Chypre. L'affaire porterait sur 750 tonnes de viande pour plus de 4,5 millions de plats cuisinés vendus dans 13 pays européens.

Mais, contrairement à des pays comme la Grande-Bretagne ou l'Irlande où la consommation de viande de cheval est un tabou, en République tchèque les saucisses de cheval font partie des produits couramment proposés dans les boucheries.

"La viande de cheval n'est pas nocive pour les gens et elle est proposée à la vente en République tchèque", ont souligné les autorités sanitaires.

"Cependant, si un test en laboratoire révèle la présence de viande de cheval dans un produit dont l'étiquetage réglementaire ne le mentionne pas, cela constitue une infraction pour avoir induit en erreur les consommateurs", ont-elles ajouté.