Le CPAS d'Anvers sous tutelle? Oui pour Yvan Mayeur

Le député PS et président du CPAS de Bruxelles et Laurette Onkelinx ont tous deux réagi aux décisions du CPAS d'Anvers de ne plus accorder systématiquement l'aide médicale d'urgence aux sans papiers.

Belga
Le CPAS d'Anvers sous tutelle? Oui pour Yvan Mayeur
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Le député PS et président du CPAS de Bruxelles Yvan Mayeur a rappelé mercredi que c'est le médecin et non l'administration ou le politique qui doit décider en matière d'aide médicale urgente.

Pour lui, "les masques tombent à Anvers" après les décisions du CPAS de la ville dirigée par la N-VA. Il se demande s'il ne faudrait pas mettre ce CPAS sous tutelle. M. Mayeur a réagi aux décisions du CPAS d'Anvers de ne plus accorder systématiquement l'aide médicale d'urgente aux sans papiers malades du SIDA et aux femmes enceintes dans la même situation. "Les masques tombent. On est dans un fascisme soft qui va totalement à l'encontre de toutes les valeurs humanitaires et notre société" a commenté mercredi à l'Agence Belga M. Mayeur, qui se demande si la N-VA est encore un parti démocratique.

"Jusqu'à présent on n'avait pas perçu ce parti de cette façon mais les premières décisions qu'il prend depuis qu'il est au pouvoir pose clairement des questions", dit-il.

M. Mayeur rappelle qu'en matière d'aide médicale urgente, la décision appartient au médecin et non à un fonctionnaire ou au pouvoir politique "même si après on peut se poser la question de la prise en charge des frais". "Mais, il faut d'abord agir dans l'intérêt de la personne", dit-il.

Il ajoute que le non respect de cette règle est d'ailleurs "une absurdité médicale" contreproductive en matière de santé publique de façon générale, notamment lorsqu'il s'agit du SIDA ou de la turberculose qui sont des maladies très contagieuses. De plus, c'est inadmissible à l'égard des personnes elles-mêmes.

M. Mayeur se demande dès lors si, après de telles décisions, le CPAS d'Anvers ne devrait pas être mis sous tutelle.

"Prendre en otage la vie et la santé est inadmissible", dit Laurette Onkelinx

Pour la vice-première ministre et ministre de la Santé Laurette Onkelinx (PS) "prendre en otage la vie et la santé est inadmissible". Mme Onkelinx a réagi mercredi sur Facebook à la décision du CPAS d'Anvers.

"La qualité d'une démocratie se mesure à la manière dont elle prend en charge les personnes les plus vulnérables. Faire un tri parmi ces personnes, en fonction de leur statut social, économique ou de leurs conditions de séjour, est un réel scandale", dit la ministre.

"Le droit à la santé est un droit absolu et l'aide médicale urgente a justement été conçue pour garantir ce droit aux personnes en séjour irrégulier. Faire du chantage à l'octroi de l'aide médicale est tout à fait inacceptable", ajoute-t-elle.

En tant que ministre de la Santé publique, elle estime qu'il est de son devoir de combattre les maladies et d'éviter tout risque épidémiologique. "Ne pas traiter une personne séropositive aggrave le risque de contagion et arrêter un traitement en cours augmente la résistance du virus aux médicaments".