Victor Hissel peut continuer à être avocat

Victor Hissel avait été condamné pour avoir détenu des images à caractère pédopornographique. L'avocat avait fait appel d'une précédente décision qui l'avait radié à vie.

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Victor Hissel peut continuer à être avocat
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Le conseil de discipline d'appel de l'ordre des avocats a sanctionné, mercredi après-midi, l'avocat liégeois Victor Hissel d'une suspension d'un an dont la moitié avec sursis de 5 ans (6 mois effectifs). Victor Hissel, condamné en mai 2011 à une peine de 10 mois de prison avec sursis pour avoir détenu des images à caractère pédopornographique, avait fait appel d'une précédente décision qui l'avait radié à vie. La sanction qui vient de lui être attribuée lui permettra de continuer sa profession d'avocat. Victor Hissel était réputé pour avoir défendu certaines familles de victimes dans l'affaire Dutroux. Mais l'avocat liégeois avait aussi été impliqué récemment dans une affaire de consultation et de détention d'images à caractère pédopornographique.

Devant la cour d'appel de Liège, il avait écopé pour ces faits d'une peine de 10 mois de prison avec sursis de 5 ans. Une procédure disciplinaire avait été initiée contre lui à la suite de cette condamnation lorsqu'elle a été définitive. Le conseil de discipline du Barreau de Liège avait décidé de le radier à vie. Mais l'avocat liégeois avait fait appel de cette décision.

L'affaire avait donc été introduite devant un conseil de discipline d'appel siégeant à Bruxelles et rassemblant notamment des membres de différents barreaux. Cette instance d'appel a décidé de donner une seconde chance à Victor Hissel en ne le radiant pas mais en prononçant contre lui une suspension d'un an avec sursis de 5 ans pour la moitié. Cela signifie que Victor Hissel sera suspendu pendant 6 mois uniquement. Victor Hissel pourra donc poursuivre sa profession d'avocat. Il devra par contre s'imposer de ne plus plaider dans des dossiers de mœurs.

Victor Hissel ne communiquera plus avec les médias

L'avocat liégeois Victor Hissel ne communiquera plus avec la presse, a confirmé mercredi soir l'un de ses avocats, Me Adrien Masset. Cette sanction a été assortie de conditions probatoires, parmi lesquelles celle de ne plus s'exprimer sur son dossier sans l'autorisation de son bâtonnier. Des conditions probatoires strictes ont été imposées à Victor Hissel dans le cadre de la sanction prononcée contre lui par la commission d'appel. L'avocat ne devra plus entretenir de contact avec la presse à propos de son affaire sans l'autorisation de son bâtonnier.

Il devra aussi continuer la guidance psychologique déjà entamée et mise en place avant même sa condamnation pour des faits de consultation et de détention d'images pédopornographiques. De plus, il ne pourra plus plaider de dossier concernant des affaires de mœurs impliquant des mineurs d'âge lorsqu'il aura effectué sa sanction effective de 6 mois. Ces conditions s'appliqueront pendant la durée de son sursis.

L'avocat liégeois risquait une radiation à vie. Mais la commission d'appel a décidé d'accorder une seconde chance à Victor Hissel. "Cette commission s'est intéressée à l'aspect humain et à la personnalité de Victor Hissel. Elle a pris en compte une série de paramètres personnels, notamment les conditions dans lesquelles il a été amené à consulter des sites pédopornographiques et ses regrets d'avoir eu un comportement qu'il qualifie lui-même de détestable. Cette décision préserve un avenir professionnel et personnel à Victor Hissel", a précisé Me Masset.

Au pénal, la condamnation de Victor Hissel (10 mois de prison avec sursis) est définitive. Mais la défense a toujours contesté l'infraction de détention d'images pédopornographiques. "Le législateur a modifié la loi depuis le 30 novembre 2011 et cible à présent le visionnage. Notre ultime recours après cette condamnation sera une action devant la Cour européenne de Strasbourg en vue d'obtenir la condamnation de l'Etat belge après un arrêt de la Cour de Cassation qui n'a pas voulu retenir l'un de nos arguments développés", a enfin indiqué Me Masset.