Julien Ries, l’autre cardinal belge

Vu son grand âge, il n’était plus cardinal-électeur, mais malgré l’avancée des ans, le second cardinal belge, Julien Ries, aurait encore pu participer aux congrégations générales qui prépareront le prochain conclave. La maladie et la mort en ont décidé autrement : samedi, Tommy Scholtès, porte-parole de l’Eglise belge, a confirmé le décès du cardinal Julien Ries.

Christian Laporte

sympathique Évocation

Vu son grand âge, il n’était plus cardinal-électeur, mais malgré l’avancée des ans, le second cardinal belge, Julien Ries, aurait encore pu participer aux congrégations générales qui prépareront le prochain conclave. La maladie et la mort en ont décidé autrement : samedi, Tommy Scholtès, porte-parole de l’Eglise belge, a confirmé le décès du cardinal Julien Ries.

Il n’aura donc porté la barrette cardinalice que pendant un an, puisqu’il y avait à peine un peu plus de 365 jours qu’il était officiellement devenu conseiller du Pape. "La Libre" avait suivi de près, pendant ces journées romaines exceptionnelles, ce petit bout d’homme très sympathique qui se doublait d’un historien des religions.

Toujours très disponible pour les médias, et malgré les fatigues accumulées pendant les longues cérémonies et un dîner aussi officiel que convivial, il nous avait confié avoir été très surpris, puis très honoré que Benoît XVI ait voulu distinguer son travail scientifique et, plus particulièrement, ses travaux sur l’Homo religiosus.

"Je suis désormais en très bonne compagnie", nous avait-il confié, "à l’instar de prédécesseurs comme l’historien des religions, Franz Koenig, l’ecclésiologue Charles Journet, le spécialiste de la patristique qu’était Jean Daniélou ou encore le grand spécialiste de la pensée de Thomas d’Aquin, Hans Urs von Balthasar. Cela m’a rendu aussi conscient que mes travaux étaient loin d’être terminés. D’autant plus que nos contemporains ont une vraie soif de valeurs. Pour beaucoup, elles redeviennent même essentielles dans la société actuelle. Car nous vivons dans un monde qui écrase l’homme et qui éprouve sérieusement sa dignité. D’où une aspiration, à nouveau, à de vraies valeurs". Il s’était aussi réjoui que l’université de Milan, avec laquelle il collabora longtemps, voulait l’aider à éditer de nouvelles recherches.

"L’Eglise peut rebondir"

A la question de savoir comment il jaugeait l’état actuel de l’Eglise, il nous avait répondu qu’"elle subit aussi de front la crise des valeurs du monde actuel, mais je pense qu’elle peut rebondir. Bien sûr, comme tout le monde, je vois la crise des vocations et la baisse des pratiques religieuses. Et pourtant, on assiste aussi à un renouveau dont la jeunesse est le principal acteur, sinon le moteur. L’Eglise doit écouter ses aspirations. Quand on voit le succès des Journées mondiales de la Jeunesse, je suis convaincu que celles-ci ont encore une grande soif de valeurs, en ce compris catholiques !".

Julien Ries nous avait dit sa joie d’avoir rencontré beaucoup de jeunes durant sa vie, mais surtout d’avoir pu s’adresser à eux à dix-sept reprises lors des grandes rencontres du mouvement d’Eglise, Communion et Libération à Rimini. "J’ai toujours accepté ces rencontres avec enthousiasme, car mes auditeurs me l’ont toujours bien rendu. Et pourtant, je ne leur ai jamais délivré que des messages très simples mais modernes sur la grandeur de la vie et des activités humaines, en m’inspirant du message de saint Irénée qui voulait que l’homme soit debout "

Le cardinal Ries espérait pouvoir continuer à travailler, notamment sur les approches de la survie au-delà de la mort et sur l’immortalité. Il entendait montrer que "depuis la Préhistoire, a émergé l’idée d’une survie après sa mort. Ce qui montre aussi que l’Homo religiosus est antérieur aux grandes religions".