Kim De Gelder garde le meilleur pour la fin

Kim De Gelder a tenté d'atténuer la préméditation de ses actes lundi lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Flandre orientale, et dit réserver l'explication de son mobile à la fin du procès. Bilan de cette 1ère journée d'audiences.

Kim De Gelder garde le meilleur pour la fin
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Kim De Gelder a tenté d'atténuer la préméditation de ses actes lundi lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Flandre orientale. Il a indiqué que les faits à la crèche Fabeltjesland de Saint-Gilles-Lez-Termonde avaient été provoqués par la panique de ne pas trouver de chemin vers la sortie. Il réserve l'explication sur son mobile à la fin du procès. Kim De Gelder a justifié par la panique ressentie les coups portés aux puéricultrices et aux enfants. "Ils étaient sur mon chemin vers la sortie", a-t-il simplement commenté. Il a reconnu être arrivé à la crèche avec l'intention de tuer tout le monde, en commençant par les adultes, mais a affirmé avoir changé d'avis après être entré dans la crèche. "Mais vous cachiez le couteau? ", a insisté le président Koen Defoort. "Oui, derrière mon dos." C'est une force extérieure qui l'a poussé à agir.

Le président s'est étonné de ces affirmations, contrastant avec le calme dont Kim De Gelder a fait preuve le jour des faits, selon les différents témoignages. "Ce sont des techniques qu'on apprend: relâcher le corps pour lutter contre la panique", a assuré l'accusé. Kim De Gelder s'est à plusieurs reprises agacé du feu nourri de questions que lui posait Koen Defoort.

"J'essaie de raconter ce qui s'est passé et je n'y arrive pas si vous me posez tout le temps des questions! J'arrête! ", assène-t-il en coupant son micro et en se rasseyant. Il a cependant continué à répondre aux questions, notamment sur les voix qu'il a dit, lors de ses premières auditions, avoir entendues à plusieurs reprises. "Mon avocat veut me faire interner et j'ai donc maintenu cette histoire", a-t-il expliqué. "Mais je n'ai pas pu choisir mon avocat", a-t-il relevé.

Interpellé par le président sur son attitude et ses déclarations durant les auditions par la police et le juge d'instruction, Kim De Gelder a concédé qu'il a pu "raconter des histoires" "pour garder le contrôle sur l'enquête". Il a aussi révélé avoir usé de sarcasmes avec les psychiatres, changeant de comportement en fonction des personnes et a répondu "oui" à la question de savoir s'il pensait avoir des traits psychopathes.

Kim De Gelder a par contre systématiquement botté en touche à chaque question risquant de l'amener à dévoiler son mobile, qu'il souhaite réserver pour un moment plus lointain, en fin de procès "ou lors d'un autre procès". Kim De Gelder, chemise blanche et gilet de costume noir, a par moment parlé d'une voix altérée, notamment en évoquant les faits de la crèche de Termonde. L'audience s'est terminée vers 16h30 et reprendra mardi à 09h00 avec l'audition des premiers témoins.

Les parents empêchés d'assister au procès jusqu'à leur témoignage

Les parents de Kim De Gelder, Nic et Katia, ne pourront pas assister au procès avant leur témoignage, prévu le 13 mars, a décidé le président de la cour d'assises de Flandre orientale lundi après-midi. Les personnes appelées à témoigner lors d'un procès d'assises ne peuvent pas assister au procès tant qu'elles n'ont pas témoigné, sauf si elles sont parties civiles. Vendredi, le président Koen Defoort semblait prêt à faire une exception pour les parents de l'accusé, à condition qu'ils n'assistent pas à l'interrogatoire lundi.

Face à l'opposition des parties civiles, il a finalement décidé, lundi après-midi, de leur refuser l'accès au procès avant le 13 mars.