Affaire De Gelder: le médecin traitant d'Elza Van Raemdonck dans le collimateur

L'accusé s'est une nouvelle fois illustré en refusant de répondre à une question d'un avocat des parties civiles et en souriant devant des photos particulièrement sordides de sa victime de 72 ans.

Belga
Affaire De Gelder: le médecin traitant d'Elza Van Raemdonck dans le collimateur
©Belga

La juge d'instruction Evi Muylaert a critiqué mardi le médecin de famille d'Elza Van Raemdonck, au procès de Kim De Gelder. Le médecin voulait délivrer un certificat de décès naturel, malgré les nombreuses coups de couteau. Le médecin doit venir témoigner plus tard.

Le médecin a fait une grosse erreur, selon la juge d'instruction. "Je n'ai encore jamais vu de médecin qui aurait le culot de délivrer un certificat de décès naturel à un corps comportant 17 blessures", a-t-elle commenté. Elle a également expliqué que le médecin s'était lui-même mis à la recherche d'une arme. Le médecin connaissait bien la famille.

Selon la juge d'instruction, la plupart des agents de police voyaient dans le mari d'Elza Van Raemdonck l'auteur potentiel. Elle-même aurait trouvé bizarre une telle violence -17 coups de couteau- de la part d'un homme de 76 ans. "C'est pour cela que je ne l'ai jamais privé de liberté."

Selon Evi Muylaert, le mari d'Elza Van Raemdonck avait complètement perdu pied. "Il criait de désespoir, était éploré et n'arrivait pas à y croire", a-t-elle témoigné. L'homme pensait aussi avoir vu sa femme dans l'après-midi derrière les rideaux, bien qu'elle était déjà décédée à ce moment-là, selon les constatations du médecin.

De Gelder sourit à la vision des photos d'une victime

L'audition des premiers témoins quant à la mort d'Elza Van Raemdonk, 72 ans, a eu lieu mardi matin devant la cour d'assises de Gand. L'accusé s'est une nouvelle fois illustré en refusant de répondre à une question d'un avocat des parties civiles et en souriant devant des photos particulièrement sordides de la victime. Elza Van Raemdonck a été tuée le 16 janvier 2009 à son domicile de Vrasene. Kim De Gelder était venu chez la sexagénaire habillé avec un uniforme de la compagnie des eaux en prétextant un contrôle du compteur pour pénétrer dans son habitation.

"La piste du meurtre pour faciliter le vol a directement été exclue", a expliqué à la cour Gert Van Den Hende, le policier qui est arrivé le premier sur les lieux du crime. "Nous avons été prévenus par un coup de fil du médecin de famille. Son mari avait retrouvé le corps de la victime. Il pensait d'abord qu'elle avait eu une attaque et qu'elle avait heurté quelque chose. (...) Son ventre était si mutilé que ses intestins étaient visibles."

Le mari de Mme Van Raemdonck a été entendu en tant que témoin mais il avait d'abord été suspecté par la police. "La piste du meurtre pour faciliter le vol a directement été exclue. Rien n'avait disparu et il n'y avait pas de trace d'intrusion. Tout était en ordre", a encore expliqué le policier.

Kim De Gelder a également refusé de répondre à une question de Jef Vermassen, l'avocat de la famille d'Elza Van Raemdonck, parce qu'il "ne veut pas être trop intimidant".

L'avocat voulait savoir pourquoi Elza Van Raemdonck a été retrouvée à la droite de son lit alors que le compteur d'eau se trouvait sur le côté gauche. "Peut-être a-t-elle trébuché dans cette direction?", a demandé l'avocat. "Par respect pour les parties civiles, je ne vais pas répondre", a réagi Kim De Gelder. "Je ne veux pas être trop intimidant." Le président de la cour a encore insisté mais l'accusé a tenu bon. "Je le dirai quand bon me semblera."

Un membre du jury a fait remarquer qu'il est difficile de le juger s'il ne donne pas de réponse. "Vous pouvez en tirer vos propres conclusions quant à la manière avec laquelle il veut mener son procès", a répondu le président. Le procureur général a demandé de rester serein. "Je ne vais pas jouer dans son jeu", a-t-il déclaré.

Des photos de la scène de crime ont ensuite été montrées à la cour. "Des photos particulièrement choquantes", a averti le président de la cour, Koen Defoort. L'accusé a quant à lui semblé s'amuser de la projection des photos.

L'accusé a par ailleurs déclaré à la cour que son avocat ne l'avait pas suffisamment informé quant à la procédure en vigueur devant la cour d'assises. "Je ne savais pas que je pouvais poser des questions", a-t-il déclaré après les premières interventions de témoins.

Lundi, Kim De Gelder s'était déjà plaint de ne "pas avoir pu choisir librement son avocat". Après, il avait affirmé qu'il avait maintenu entendre des voix car son avocat, Me Haentjens, voulait le faire interner. Le président de la cour lui avait alors demandé de faire preuve d'un peu de respect pour son avocat.

L'avocate Nadine Maes a averti la cour que l'accusé tentait d'établir l'agenda du procès. "C'est moi qui décide du cours du procès", a rappelé le président. L'audience a été suspendue pour une pause.

Kim De Gelder, 24 ans, est accusé de quatre assassinats et 25 tentatives d'assassinat en janvier 2009.