Le prince Laurent, cible de Kim De Gelder

Kim De Gelder voulait procéder de manière "évolutive" dans ses assassinats, en choisissant une cible à chaque fois plus difficile. L'accusé a déclaré dans d'autres auditions que certains de ses plans n'étaient pas réels, comme l'assassinat du roi.

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Le prince Laurent, cible de Kim De Gelder
©Montage lalibre.be

"Sur la liste des cibles (de Kim De Gelder, ndlr) se trouvait la villa du prince Laurent à Tervuren", a déclaré l'analyste Peter D'Hondt vendredi devant la cour d'assises de Flandre orientale.

Peter D'hondt a expliqué que Kim De Gelder voulait procéder de manière "évolutive" dans ses assassinats, en choisissant une cible à chaque fois plus difficile.

"Sur la liste des cibles se trouvait la villa du prince Laurent à Tervuren, une crèche, le cabinet d'un médecin, quelqu'un de la noblesse. Pour terminer par un death-run, où il aurait tué tout le monde autour de lui."

Kim De Gelder a déclaré dans d'autres auditions que certains de ses plans n'étaient pas réels, comme l'assassinat du roi. "C'était de la vantardise de ma part et totalement exagéré", avait-il déclaré devant la cour d'assises.

Le choix de l'arme est également un élément spécial, a souligné l'expert. "Kim De Gelder a choisi un couteau parce qu'une arme à feu peut s'enrayer. 'Un couteau, pas', dit-il. Avec un couteau, on ressent aussi le contact avec la victime."

"Explique-le, s'il te plaît, Kim"

"Explique-le, s'il te plaît, Kim. Je demande que tu dises la vérité. Je vis avec cela depuis quatre ans. Dis-le à ces personnes; elles le méritent", a déclaré l'avocat de la défense Jaak Haentjens vendredi midi à son client, après que Kim De Gelder eut indiqué qu'il voulait parler de ses motivations.

"Je voudrais parler de mes motivations", avait soudain annoncé Kim De Gelder au milieu de questions à l'équipe d'enquêteurs. "Vous savez très bien ce que je pensais à l'époque. Je veux l'expliquer sereinement", a-t-il dit à son avocat. Jaak Haentjens a pour la première fois réagi de manière émotionnelle face à son client. "Je ne demande pas mieux. Je ne te retiens pas, quand même!

Explique-le, s'il te plaît, Kim. Je demande que tu dises la vérité. Je vis avec cela depuis quatre ans. Dis-le à ces personnes; elles le méritent", a conjuré l'avocat. "Pas besoin d'en faire un show", a répondu l'accusé à son avocat. L'accusé s'est ensuite rassis et n'a plus dit un mot.

"Kim De Gelder ne fait pas le show, mais il est manipulateur"

"Je n'ai jamais eu l'impression que Kim De Gelder faisait le show, mais il est manipulateur", a expliqué Luc Cocquereaux, coordinateur du dossier, vendredi matin devant la cour d'assises de Flandre orientale. Cette déclaration a été faite avant l'incident entre Kim De Gelder et son avocat. L'avocat Jef Vermassen avait demandé à l'enquêteur si le fait pour Kim De Gelder de se lever pendant une audition était "un élément de show". "C'est très difficile de se placer dans la tête de quelqu'un. Je n'ai jamais eu l'impression que Kim De Gelder faisait le show, mais bien qu'il est manipulateur. Il essaie de diriger les choses, mais dire que c'est du show, c'est exagéré", a répondu Luc Cocquereaux.

"Je veux rester en prison pour le reste de mes jours"

Quelques extraits vidéo des auditions de Kim De Gelder ont été diffusés à la cour d'assises de Flandre orientale. Lors des premières auditions, Kim De Gelder refusait de parler des faits, s'intéressant plutôt au potager de l'enquêteur. Il a aussi déclaré vouloir rester en prison pour le restant de ses jours. Un extrait d'une audition réalisée le jour des faits, le 23 janvier 2009, à Termonde, montre un Kim De Gelder qui ne bronche pas.

Les policiers avaient pourtant bien remarqué qu'il entendait ce qu'ils lui disaient. Ils lui ont par exemple demandé de se pencher en avant pour lui enlever les menottes, ce qu'il a fait sans hésiter. Et lorsque les enquêteurs ont quitté le local, il a fait quelques mouvements de relâchement des muscles de la nuque.

Le 25 janvier, il s'est montré disposé à parler. Il a présenté ses excuses pour son attitude des trois jours précédents, expliquant qu'il avait peur. Le lendemain, une audition vidéo s'est déroulée difficilement. Kim De Gelder ne donnait que de courtes réponses et qui ne concernaient pas les événements de Termonde. Il prétendait ne pas pouvoir se souvenir. Il a déclaré se rappeler avoir ouvert les yeux et découvert la police autour de lui.

Les enquêteurs ont aussi noté que l'accusé prenait parfois l'initiative lorsque le sujet ne le concernait pas. Les policiers ont ainsi diffusé ce vendredi un extrait dans lequel l'accusé pose plusieurs questions au sujet du potager cultivé par un enquêteur. "Quels légumes cultivez-vous? ", "Sont-ils bons? ", "Meilleurs qu'au magasin ? ", "Le jardin est grand? ", "Employez-vous des produits à pulvériser ? ", demande ainsi Kim De Gelder.

A un certain moment, Kim De Gelder prétend savoir ce que sera sa peine. "Je sais que je passerai le reste de ma vie en prison. J'accepte cette sentence", l'entend-on déclarer. "Je ne veux plus retourner dans la société. Je sais que tout le monde me déteste et que je n'y ai plus ma place."

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