Kim De Gelder s’ouvre et se referme

Une personne "glaciale au visage impassible" : c’est en ces termes qu’un témoin a décrit le comportement de Kim De Gelder lors de son équipée à la crèche du "Pays des Fables" à Termonde, où il a tué, le 23 janvier 2009, deux bébés et une puéricultrice. Ce témoignage a été relayé devant la cour d’assises par le policier gestionnaire du dossier, Luc Cocquereaux.

Manipulateur

Une personne "glaciale au visage impassible" : c’est en ces termes qu’un témoin a décrit le comportement de Kim De Gelder lors de son équipée à la crèche du "Pays des Fables" à Termonde, où il a tué, le 23 janvier 2009, deux bébés et une puéricultrice. Ce témoignage a été relayé devant la cour d’assises par le policier gestionnaire du dossier, Luc Cocquereaux.

Selon les témoins, Kim De Gelder avait "un regard fixe" et ses expressions faciales ne changeaient pas tandis qu’il frappait les enfants. "Il avait un regard de mort", a déclaré un témoin. Il n’y avait pas de colère : "Il était glacial et calme", a indiqué un autre témoin. "J’avais l’impression qu’il savait très bien ce qu’il faisait", ont relevé les enquêteurs dans les témoignages.

Ce que Kim De Gelder a implicitement démenti. Il a de nouveau laissé entendre qu’il avait eu un accès de panique à la crèche. Un juré lui a demandé pourquoi il ne s’était pas enfui par une porte vitrée de la cuisine. "J’étais tellement paniqué que je ne voyais plus les clenches des portes", a déclaré l’accusé. Kim De Gelder avait déjà dit auparavant qu’il avait eu un accès de panique dans la crèche alors qu’il cherchait un moyen de sortir. "Je n’arrivais plus à raisonner de manière logique. Et c’est tout ce que je veux dire à ce sujet maintenant", a-t-il commenté.

Jef Vermassen, avocat des proches des trois victimes décédées de la crèche, a rebondi sur ces déclarations. Il a remarqué que Kim De Gelder avait déjà parlé d’une porte en bois avec une clenche qu’il avait essayé d’ouvrir. Il a demandé aux enquêteurs toujours présents au banc des témoins s’ils avaient déjà vu l’histoire des clenches quelque part. "Finalement, cela revient au sens de l’observation de M. De Gelder. Je pense que ce sens de l’observation est aiguisé", a répondu Luc Cocquereaux. Selon lui, Kim De Gelder arrivait durant les auditions à se rappeler de nombreux détails sur le lieu des faits.

Pour M. Cocquereaux, Kim De Gelder est un manipulateur : "Il essaie de diriger les choses, mais dire que c’est du show, c’est exagéré", a répondu le policier. Témoin de cette attitude manipulatrice, la nouvelle saillie de Kim De Gelder qui a une fois de plus répété qu’il voulait s’expliquer sur ses motivations. "Je voudrais parler de mes motivations", a-t-il soudain annoncé au milieu de questions à l’équipe d’enquêteurs. "Vous savez très bien ce que je pensais à l’époque. Je veux l’expliquer sereinement", a-t-il dit à son avocat. Me Jaak Haentjens a pour la première fois réagi émotionnellement face à son client qui ne cesse de lui lancer des piques. "Je ne demande pas mieux. Je ne te retiens pas, quand même ! Explique-le, s’il te plaît, Kim. Je demande que tu dises la vérité. Je vis avec cela depuis quatre ans. Dis-le à ces personnes; elles le méritent", a conjuré l’avocat. "Pas besoin d’en faire un show", a répondu l’accusé à son avocat. L’accusé s’est ensuite rassis et n’a plus dit un mot.

Cette attitude manipulatrice était déjà présente lors des premiers interrogatoires après son arrestation. Des extraits vidéo ont été diffusés hier à la cour d’assises. Le 25 janvier 2009, il s’est montré disposé à parler. Il a présenté ses excuses pour son attitude des trois jours précédents, expliquant qu’il avait peur. Le lendemain, une audition vidéo s’est déroulée difficilement. Kim De Gelder ne donnait que de courtes réponses et qui ne concernaient pas les événements de Termonde. Il prétendait ne pas pouvoir se souvenir.

A un certain moment, Kim De Gelder prétend ainsi savoir ce que sera sa peine. "Je sais que je passerai le reste de ma vie en prison. J’accepte cette sentence", l’entend-on déclarer sur ces images. Et d’ajouter dans la foulée : "Je ne veux plus retourner dans la société. Je sais que tout le monde me déteste et que je n’y ai plus ma place." (D’après Belga)