De Gelder accepte finalement d'être pris en image

Kim De Gelder a finalement accepté d'être pris en image sans que l'on dissimule ses traits. Telle est la teneur de la réponse qu'il a donné à la question posée à ce sujet par le président Koen Defoort lundi matin.

De Gelder accepte finalement d'être pris en image
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Kim De Gelder a finalement accepté d'être pris en image sans que l'on dissimule ses traits. Telle est la teneur de la réponse qu'il a donnée à la question posée à ce sujet par le président Koen Defoort lundi matin.

Les images et les photos prises dès à présent en salle d'audience pourront être vues désormais sans que l'on ait préalablement dissimulé le visage de l'accusé.

Avant le début du procès, Kim De Gelder avait fait savoir qu'il ne souhaitait pas être reconnaissable sur les clichés. Son visage devait être masqué sur les photos et les images. Vendredi soir, en fin d'audience, l'accusé a soudain considéré que ce n'était plus un problème pour lui d'apparaître sur les clichés.

"Finalement, ce n'est pas si grave", a-t-il déclaré.

Son avocat, Jaak Haentjes, a ajouté que c'était "son choix". Une demi-heure après cette annonce, l'accusé revenait pourtant sur sa décision.

Ce lundi, il est désormais certain que Kim Gelder accepte de pouvoir être pris en image de manière identifiable.

L'expert informatique témoigne des préparatifs poussés menés par l'accusé

Kim De Gelder a effectué de minutieux préparatifs en vue de commettre ses actes à la crèche et a suivi les comptes-rendus faits de la mort d'Elza Van Raemdonck, est-il ressorti du témoignage de l'expert de la Computer Crime Unit fait devant la cour d'assises de Flandre orientale lundi.

Roel De Maeyer, agent de la Computer Crime Unit de la police judiciaire fédérale de Termonde, a détaillé les résultats de l'analyse effectuée sur l'ordinateur de l'accusé.

Après l'assassinat de Vrasene, De Gelder a ainsi cherché sur internet des informations sur les faits et les a copiées informatiquement. "Il existait également un deuxième fichier, vide celui-là. Il était vraisemblablement destiné à recueillir les informations concernant les faits commis à la crèche", a précisé l'expert informatique.

C'est essentiellement pendant la nuit que De Gelder préparait ses actes. Il a confectionné une carte de visite du "Centre de recherche pour la dépollution des sols et des eaux" avec une fausse identité, ainsi qu'un message vocal approprié afin de corroborer cette identité. Il a également téléchargé des logos de la police.

Il a notamment trouvé sur Wikipedia des informations sur le "contract killing". Le 20 janvier, il a cherché sur internet des informations supplémentaires sur ses "cibles", les crèches Zonneschijn, Fabeltjesland et Peuterland. Comme mot-clés de recherche, il a introduit "kinderdagverblijf" (crèche) et "Dendermonde" (Termonde) sur le site des Pages Jaunes. Il a également effectué une recherche dans Google afin d'obtenir plus de détails sur ces trois crèches. Il a crée un fichier avec l'itinéraire à prendre, les adresses et les données des crèches. Sa dernière recherche avant de commettre les faits concernaient des informations sur l'acné, a encore indiqué l'expert informatique.

L'avocat Jef Vermassen s'est encore enquis de savoir si le matériel informatique pouvait révéler que "son utilisateur était perturbé". "Tout y était parfaitement rangé, de façon bien structurée", a confié le témoin.

Du carburant pour des bombes incendiaires ? "En cas de panne d'essence"

Des photos de l'appartement de Kim De Gelder ont été montrées lundi matin devant la cour d'assises de Flandre orientale. Dans un placard de la cuisine se trouvait un jerrycan d'essence, posé à côté de bouteilles contenant des vis et des morceaux de t-shirt. L'accusé a affirmé qu'il possédait ce bidon d'essence "au cas où quelqu'un aurait une panne d'essence". L'agent de police Pasqinely Raes, qui a participé à la perquisition, a notamment montré la chambre de l'accusé. On y voit un matelas de camping sur lequel est posé un sac de couchage. Un réveil et une petite armoire sont disposés à côté du matelas.

Un peu plus loin, on trouve une chaise avec quelques vêtements posés dessus. Dans le coin-cuisine, en-dessous de l'évier, les policiers ont trouvé un bidon contenant 8 litres d'essence. A côté, il y avait trois bouteilles de vin vides contenant des vis et un morceau de t-shirt. L'agent de police Pasqinely Raes a expliqué qu'il s'agissait de matériel servant à "confectionner une bombe incendiaire".

De Gelder aurait craint que son propriétaire cherche à le tuer et avait donc acquis de quoi se défendre. L'avocat Jef Vermassen a désiré entendre à nouveau De Gelder à ce propos lundi. Le président a demandé à l'accusé à quoi servaient ces "cocktails Molotov". "Tout d'abord il s'agissait de bouteilles de vin contenant des chiffons", a expliqué De Gelder. Le président a fait remarquer que de l'essence se trouvait à côté. "Ca peut servir à différentes choses", selon De Gelder. "Notamment à quelqu'un qui tombe en panne d'essence." Interrogé sur le fait qu'il aurait pu éventuellement avoir l'intention de verser ce carburant dans les bouteilles, l'accusé a répondu qu'il "aurait dû, pour cela, avoir un but".

Me Vermassen ne s'est pas montré satisfait de cette réponse. "Il n'y a quand même pas besoin de déposer des vis au fond d'une bouteille pour aider des gens en panne de carburant", a-t-il poursuivi. Ce à quoi De Gelder a répondu: "J'avais acheté des vis et en avais rempli les bouteilles. Au cas où cela aurait pu me servir un jour à confectionner des cocktails Molotov." "Dans le cadre d'un nouveau plan d'action ? ", a demandé le président. "Qu'insinuez-vous ? ", a répondu l'accusé. Le président a tenté d'en savoir plus mais De Gelder a clos la conversation. "Je veux bien développer davantage cette question mais je ne juge pas le moment opportun."

Témoin: "J'ai d'abord pensé qu'ils jouaient"

"J'ai d'abord pensé qu'ils faisaient un jeu", a indiqué un témoin qui a assisté aux faits commis à la crèche depuis son appartement. Kim De Gelder semblait calme et les enfants n'étaient pas dans son chemin, précise l'homme qui se trouvait à 100 ou 150 mètres du lieu des faits. Ce témoin habitait au 2e étage d'un immeuble avec vue sur la crèche. "J'ai entendu des pleurs provenant de la crèche. Ce qui n'avait rien d'anormal, si ce n'est que ça durait depuis un certain temps. J'ai alors jeté un coup d'oeil et j'ai aperçu un homme avec un sac à dos. Je l'ai vu lui, une puéricultrice et les enfants courir en tous sens. Je n'ai pas compris tout de suite ce qu'il se passait", s'est souvenu le témoin. "Je pensais qu'ils faisaient un jeu", a précisé l'homme lors de son premier témoignage évoqué par le président Koen Defoort.

"Il allait et venait, il ne courrait pas", selon le témoin. "J'ai vu une des puéricultrices s'enfuir. J'ai vu l'homme faire de grands gestes avec les bras (le témoin n'a pas vu de couteau, ndlr). Je l'ai vu frapper un enfant, comme on frappe dans un ballon." "Les enfants étaient-ils dans le chemin? ", a demandé le président. "Il a pu passer sans problème. Je l'ai ensuite vu partir à vélo très calmement."

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