Procès De Gelder: des jours "terribles" à venir

Le procès de Kim De Gelder devant les assises de Gand est particulièrement chargé d’émotion. Insoutenable, parfois, pour les proches des victimes du jeune homme de 24 ans poursuivi pour 4 assassinats et 25 tentatives.

Annick Hovine
Procès De Gelder: des jours "terribles" à venir
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Le procès de Kim De Gelder devant les assises de Gand est particulièrement chargé d’émotion. Insoutenable, parfois, pour les proches des victimes du jeune homme de 24 ans poursuivi pour 4 assassinats et 25 tentatives. Pendant l’interrogatoire de l’accusé, une des gardiennes de la crèche du "Pays des Fables", à Termonde, où De Gelder a commis un véritable carnage, a fait un malaise; elle a dû être évacuée en ambulance. Le veuf d’Elza Van Raemdonck, une septuagénaire poignardée dans sa maison de Vrasene, est sorti de la salle d’audience au moment où on a projeté les photos des blessures mortelles de son épouse.

Depuis le début de la session d’assises, quatre assistantes de justice, criminologues et/ou assistantes sociales, chargées de soutenir les parties civiles pendant tout le déroulement du procès, sont discrètement présentes à l’arrière de la salle d’audience.

"Nous connaissons certaines victimes depuis le jour des faits, il y a quatre ans. Il s’était déjà établi une relation de confiance entre nous. Mais depuis le début du procès, les contacts sont devenus plus étroits" , témoigne Iris Naessens, directrice de la maison de justice de Termonde.

Chaque fois que de nouveaux développements se sont produits dans la procédure judiciaire, les victimes en ont été informées immédiatement. Les parties civiles et les personnes préjudiciées enregistrées ont déjà reçu plus de 26 lettres d’information depuis le drame, avec la collaboration du parquet de Termonde. A l’approche du procès d’assises, une offre individuelle d’assistance a été proposée à chaque partie civile; beaucoup y ont fait appel.

"Comment ça va ?"

"C’est vraiment très difficile pour les parties civiles de revivre ces événements" , poursuit Mme Naessens. Attentives aux réactions des témoins de ces récits d’horreur, les assistantes de justice sont prêtes à intervenir en cas de besoin. Et à répondre aux questions que peuvent se poser les parties civiles : le jargon juridique est parfois difficilement compréhensible. " Chaque matin, elles ont un petit ‘Comment ça va ?’ pour chacun. Leur rôle, c’est de regarder dans la salle. Si elles voient que l’émotion est vraiment trop forte, elles proposent leur aide , détaille M me Naessens. C’est important pour les victimes de savoir qu’elles sont là. C’est une approche essentiellement humaine."

Les parties civiles ont jusqu’ici fait preuve de beaucoup de sérénité malgré l’horreur des faits et des récits. Mais le plus douloureux reste à venir, pour les parents des bébés tués dans la crèche. "Les médecins légistes vont expliquer en détail les blessures des enfants. Ça va être très dur. Ce sera aussi extrêmement douloureux quand les puéricultrices survivantes viendront témoigner. Ces jours seront terribles."

Sur les 25 personnes directement victimes ou témoins du bain de sang provoqué par Kim De Gelder au "Pays des Fables", les enfants survivants, qui ont entre 4 et 7 ans, sont les moins traumatisés, explique encore la directrice de la maison de justice de Termonde. Certains d’entre eux ont subi de graves blessures au couteau et gardent des traces physiques, mais ils n’ont pas de problèmes psychologiques. Ils étaient heureusement trop jeunes à l’époque pour garder des souvenirs de l’horreur. Aucune demande n’a été adressée au service d’accueil des victimes de la maison de justice pour accompagner un de ces enfants. Pour les adultes et leurs proches, en revanche, le calvaire se poursuit depuis quatre ans.

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